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	<title>Euro-Canada</title>
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	<description>&lt;p&gt;Le magazine des deux mondes&lt;br /&gt;
The Independent Observer of Eurocanadian Affairs&lt;/p&gt;</description>
	<language>fr</language>
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	<item>
		<title>LES LETTRES HA&#207;TIENNES, VIVEMENT, DE LA FRANCE &#192; L'ITALIE</title>
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		<dc:creator>Robert Berrouet Oriol</dc:creator>

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		<description>Montr&#233;al, le 4 avril 2012 Il est des temps de haute-lisse qui se tissent et s'engravent rive gauche de la m&#233;moire... Mon dernier s&#233;jour en Europe, &#224; l'aune d'une hospitalit&#233; de tous les instants, a &#233;t&#233; de cette cuv&#233;e &#8212;et je me r&#233;jouis que les Lettres ha&#239;tiennes en fussent le fa&#238;tage. Avec bonheur, j'ai encore une fois arpent&#233; les venelles du Salon du livre de Paris, Porte de Versailles, du 16 au 19 mars 2012. Auteur invit&#233; par la R&#233;gion Bretagne &#224; la version (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Montr&#233;al, le 4 avril 2012&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est des temps de haute-lisse qui se tissent et s'engravent rive gauche de la m&#233;moire... Mon dernier s&#233;jour en Europe, &#224; l'aune d'une hospitalit&#233; de tous les instants, a &#233;t&#233; de cette cuv&#233;e &#8212;et je me r&#233;jouis que les Lettres ha&#239;tiennes en fussent le fa&#238;tage. Avec bonheur, j'ai encore une fois arpent&#233; les venelles du Salon du livre de Paris, Porte de Versailles, du 16 au 19 mars 2012. Auteur invit&#233; par la R&#233;gion Bretagne &#224; la version 2012 de ce Salon, j'y &#233;tais, au stand de cette R&#233;gion, en d&#233;dicace pour le livre &#171; Po&#232;me du d&#233;cours &#187; (&#201;ditions Triptyque et Prix du livre insulaire 2010 &#224; Ouessant, France), ainsi que pour la r&#233;&#233;dition de &#171; L'am&#233;nagement linguistique en Ha&#239;ti : enjeux, d&#233;fis et propositions &#187; (&#201;ditions du CIDIHCA et &#201;ditions de l'Universit&#233; d'&#201;tat d'Ha&#239;ti).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'aucuns posent que le Salon du livre de Paris est l'un des deux plus importants &#233;v&#233;nements mondiaux de ce champ&#8230; Alors faut-il parler chiffres ? En bref, ce Salon &#8212;qui s'honore de l'hospitalit&#233; offerte &#224; une quarantaine de pays cette ann&#233;e&#8212;, regroupe environ 2 000 auteurs, toutes cat&#233;gories confondues, camp&#233;s pour 4 000 s&#233;ances de d&#233;dicaces et plus de 400 conf&#233;rences, rencontres, animations et d&#233;bats. Pour sa 32e &#233;dition, les organisateurs du Salon attendaient plus de 200 000 visiteurs ainsi que 30 000 professionnels des m&#233;tiers du livre (libraires, etc.) et 1 200 &#233;diteurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La litt&#233;rature japonaise &#233;tait l'invit&#233;e d'honneur du Salon du livre de Paris cette ann&#233;e. Notamment &#224; travers la venue d'&#233;crivains-phare et largement repr&#233;sentatifs de ce qui s'est &#233;crit hier et de ce qui s'&#233;crit aujourd'hui au pays du Soleil levant : Moto HAGIO, Kaori EKUNI, Madoka MAYUZUMI et Kenzabur&#244; O&#201;, Prix Nobel de litt&#233;rature en 1994. Nul hasard en l'esp&#232;ce. Les s&#233;ismes qui endeuillent les nations sont aussi des failles m&#233;morielles traversant les art&#232;res et les veines de la litt&#233;rature. Celle du Japon comme celle d'Ha&#239;ti.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Honneur &#224; la litt&#233;rature ha&#239;tienne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette ann&#233;e encore nos &#233;crivains ont fait honneur au pays de Jacques-St&#233;phen Alexis. Et parce que la litt&#233;rature ha&#239;tienne est depuis des d&#233;cennies polyphonique et hautement transnationale, plus pr&#233;cis&#233;ment &#171; m&#233;tasporique &#187; &#8211;j'emprunte ce concept &#224; mon ami le po&#232;te et essayiste Jo&#235;l Des Rosiers&#8212;, nos &#233;crivains &#233;taient &#224; l'honneur chez leurs &#233;diteurs et sur plusieurs stands amis. Parmi eux, on aura not&#233; Anthony Phelps chez son &#233;diteur parisien Bruno Doucey et &#224; la Librairie du Sud pour sa tr&#232;s r&#233;cente et magistrale anthologie personnelle &#171; Nomade je fus de tr&#232;s vieille m&#233;moire &#187; ; Jean-Robert L&#233;onidas chez Riveneuve Continents pour &#171; Rythmique incandescente &#187; ; Jo&#235;l Des Rosiers, Prix Athanase-David 2011 au Qu&#233;bec, &#224; Paris pour son somptueux &#171; Ga&#239;ac &#187; et en signature chez Jasor, Qu&#233;bec &#201;ditions et &#224; la Librairie du Sud ; Gary Victor &#224; la Librairie du Sud pour &#171; Saison de porcs &#187; ; Dany Laferri&#232;re Chez Grasset et Fasquelle ainsi que chez VLB pour &#171; Chronique de la d&#233;rive douce &#187; ; enfin Lyonel Trouillot chez Actes Sud pour &#171; La belle amour humaine &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aux portiques de ce Salon du livre, et par l'aimable entremise de mon ami le po&#232;te Jean-Durosier Desrivi&#232;res &#8211; auteur de &#171; Lang nou souse nan sous &#8211; Notre langue se ressource aux sources &#187; (&#201;ditions Caract&#232;res 2011)&#8212;, j'ai eu la joie de rencontrer Mme Francesca Palli, gestionnaire et animatrice du fameux portail &#171; Potomitan &#187; (&lt;a href='http://www.potomitan.info/' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;www.potomitan.info&lt;/a&gt;), qui offre depuis quelques ann&#233;es une exceptionnelle fen&#234;tre cathodique aux diff&#233;rentes vari&#233;t&#233;s de cr&#233;oles et aux cultures cr&#233;oles. (En 2011, je le pr&#233;cise, 15 133 internautes, depuis Ha&#239;ti, avaient consult&#233; &#171; Potomitan &#187;.) Cette rencontre s'est agr&#233;ablement prolong&#233;e lors de la table-ronde tenue au th&#233;&#226;tre de l'&#201;changeur &#224; Bagnolet, en banlieue parisienne, rencontre &#224; laquelle le po&#232;te Jean-Durosier Desrivi&#232;res avait convi&#233; Gary Victor, &#171; l'&#233;crivain le plus populaire et le plus lu en Ha&#239;ti &#187;, selon mes sources, ainsi que Guy R&#233;gis Jr, sur le registre de la traduction fran&#231;ais-cr&#233;ole. Gary Victor est un romancier-phare de la litt&#233;rature ha&#239;tienne contemporaine : son roman &#171; &#192; l'angle des rues parall&#232;les &#187; a obtenu en 2003 le prix de fiction du Livre insulaire &#224; Ouessant, tandis que le Prix RFO 2004 lui a &#233;t&#233; d&#233;cern&#233; pour son titre &#171; Je sais quand Dieu vient se promener dans mon jardin &#187;. Animateur d'ateliers d'&#233;criture, traducteur, connu notamment pour sa traduction en cr&#233;ole de &#171; Le Petit prince &#187; d'Antoine de Saint-Exup&#233;ry, Gary Victor a aussi obtenu le Prix Casa de las Americas 2012 dans la cat&#233;gorie litt&#233;rature carib&#233;enne en langue fran&#231;aise pour son roman &#171; Le sang et la mer &#187; publi&#233; &#224; l'automne 2010 aux &#201;ditions Vents d'ailleurs. Pour sa part, Guy R&#233;gis, auteur, com&#233;dien, po&#232;te, traducteur, metteur en sc&#232;ne et vid&#233;aste, est actuellement en r&#233;sidence d'&#233;criture au th&#233;&#226;tre de l'&#201;changeur &#8212;r&#233;sidence soutenue par le Conseil r&#233;gional d'&#206;le de France. T&#233;m&#233;raire et innovant traducteur en cr&#233;ole de Maeterlinck, Camus et Kolt&#232;s, il poursuit, en cette r&#233;sidence d'&#233;criture, son ambitieuse traduction en cr&#233;ole de l'&#339;uvre de Marcel Proust &#171; &#192; la recherche du temps perdu &#187;. Laur&#233;at du Prix Jean Bri&#232;re en 2000, et Prix international de po&#233;sie (Port-au-Prince et Dakar), pour son long po&#232;me &#171; Le Temps des carnassiers &#187;, Guy R&#233;gis Jr a &#233;galement r&#233;alis&#233; deux courts m&#233;trages exp&#233;rimentaux, &#171; Blackout &#187; et &#171; Pays sauve qui peut &#187; (2002). Il est &#233;galement l'auteur d'une traduction en cr&#233;ole du roman d'Albert Camus &#171; L'&#201;tranger &#187; paru aux Presses nationales d'Ha&#239;ti en 2008.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;OBSERVATION MAJEURE : je retiens de cette &#233;dition du Salon du livre de Paris que l'Institut fran&#231;ais et son incontournable et tr&#232;s achaland&#233; stand, la &#171; Librairie du Sud &#187;, a &#233;t&#233; cette ann&#233;e encore l'un des plus importants carrefours de diffusion des litt&#233;ratures non hexagonales produites ou traduites en fran&#231;ais. Comme l'an dernier, la &#171; Librairie du Sud &#187; a accueilli et soutenu les &#233;crivains ha&#239;tiens avec cette festive hospitalit&#233; dont seuls sont capables les vrais lecteurs et passeurs de litt&#233;rature.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Embrasser Rome et (re)na&#238;tre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Seconde g&#233;sine, j'ai s&#233;journ&#233; &#224; Rome et &#224; Naples, du 21 au 24 mars 2012, &#224; l'invitation conjointe de la D&#233;l&#233;gation g&#233;n&#233;rale du Qu&#233;bec &#224; Rome et de l'Ambassade d'Ha&#239;ti en Italie, de concert avec les missions diplomatiques francophones accr&#233;dit&#233;es &#224; Rome. Ces deux repr&#233;sentations diplomatiques (celle de ma terre native et celle de ma terre d'enracinement) m'avaient en effet convi&#233;, &#224; titre de Po&#232;te et de linguiste, &#224; participer aux tables-rondes des fameuses &#171; Journ&#233;es romaines de la Francophonie &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Contexte : le 20 mars de chaque ann&#233;e la Journ&#233;e internationale de la Francophonie est c&#233;l&#233;br&#233;e &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te. Elle vise &#224; sensibiliser le public international &#224; la diversit&#233; et &#224; la richesse culturelle des pays francophones ou ayant le fran&#231;ais en partage. &#193; l'occasion de cette c&#233;l&#233;bration le Groupe des chefs des missions francophones &#224; Rome organise les &#171; Journ&#233;es romaines de la Francophonie &#187;, du 16 au 23 mars 2012, et ces journ&#233;es aux multiples activit&#233;s sont assorties d'une table-ronde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi, le 21 mars 2012 j'ai particip&#233; &#224; la table ronde &#171; Le langage des jeunes francophones, c koi ? &#187; &#224; laquelle a pris part avec brio et clart&#233; le Commissaire g&#233;n&#233;ral du Forum mondial de la langue fran&#231;aise 2012, le Qu&#233;b&#233;cois Michel Audet, ainsi que des linguistes et sp&#233;cialistes de diff&#233;rents pays. Il s'agissait d'&#233;changer, de dialoguer sur &#171; l'&#233;volution de la langue fran&#231;aise et ses vari&#233;t&#233;s d'utilisation chez les jeunes g&#233;n&#233;rations &#187;. Cette table ronde s'est aussi tenue le lendemain, avec plusieurs intervenants de la pr&#233;c&#233;dente, &#224; l'Universit&#233; &#171; L'Orientale &#187; de Naples.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour bien cibler mon propos aux tables-rondes de Rome et de Naples &#8212;qui, ensemble, ont r&#233;uni environ 200 participants&#8212;, j'ai caract&#233;ris&#233; la situation linguistique ha&#239;tienne sur quatre axes :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;un patrimoine linguistique national historiquement constitu&#233; en partage in&#233;gal, adoss&#233; &#224; l'institution de l'usage dominant du fran&#231;ais et &#224; la minorisation institutionnelle du cr&#233;ole &#224; l'&#233;chelle nationale ;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2. une exemplaire insuffisance de provisions constitutionnelles au regard de l'am&#233;nagement linguistique, insuffisance en phase avec le d&#233;ni des droits linguistiques de l'ensemble des locuteurs ha&#239;tiens ;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3. l'inexistence &#8211;cons&#233;quence du d&#233;ficit de vision et de leadership de l'&#201;tat&#8212;, d'une politique linguistique publiquement &#233;nonc&#233;e et promue, pr&#233;alable &#224; la mise en oeuvre d'un plan national d'am&#233;nagement des deux langues ha&#239;tiennes ;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;4. la perduration d'une &#201;cole ha&#239;tienne &#224; deux vitesses qui engendre l'exclusion sociale, qui pratique la discrimination linguistique en contexte d'&#233;chec quasi-total des trois r&#233;formes du syst&#232;me &#233;ducatif ha&#239;tien &#224; 80% gouvern&#233; et financ&#233; par le secteur priv&#233; national et international.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est donc dans ce cadre conceptuel que j'ai situ&#233; &#171; l'&#233;volution de la langue fran&#231;aise et ses vari&#233;t&#233;s d'utilisation chez les jeunes g&#233;n&#233;rations &#8216;' : j'ai mis en &#233;vidence le fait que, dans la &#171; Francocr&#233;olophonie ha&#239;tienne &#187;, l'on ne saurait valablement r&#233;fl&#233;chir &#224; une quelconque &#171; &#233;volution de la langue fran&#231;aise &#187; chez les jeunes Ha&#239;tiens en dehors d'un diagnostic scientifique (et nullement id&#233;ologique) &#224; l'&#339;uvre &#224; travers une pragmatique efficiente de l'am&#233;nagement de nos deux langues officielles. Et j'ai formul&#233; le v&#339;u que la Francophonie institutionnelle puisse &#234;tre solidaire de mani&#232;re innovante de la &#171; Francocr&#233;olophonie ha&#239;tienne &#187;, en particulier dans la perspective de la refondation du syst&#232;me &#233;ducatif ha&#239;tien et quant aux d&#233;fis programmatiques et didactiques qui nous attendent en ce qui a trait &#224; la g&#233;n&#233;ralisation de l'utilisation du cr&#233;ole, dans la totalit&#233; du syst&#232;me &#233;ducatif national, aux c&#244;t&#233;s du fran&#231;ais et &#224; parit&#233; statutaire avec le fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ma participation aux &#171; Journ&#233;es romaines de la Francophonie &#187; s'est achev&#233;e lors du cocktail donn&#233; le 23 mars 2012 par l'ambassade d'Ha&#239;ti &#224; Rome. J'en garde un souvenir pr&#233;cieux tant le raffinement, l'&#233;l&#233;gance, l'hospitalit&#233;, le savoir-faire et l'efficacit&#233; professionnelle du personnel de nos deux ambassades (pr&#232;s le Saint-Si&#232;ge et pr&#232;s l'Italie) se sont av&#233;r&#233;s tout naturellement &#224; la hauteur de ces &#171; Journ&#233;es romaines de la Francophonie &#187;. Et il m'est agr&#233;able de noter que ces savoir-faire, hospitalit&#233; et efficacit&#233; sont aussi le fait av&#233;r&#233; de Mme Johanne Larivi&#232;re-Tieri, Attach&#233;e aux affaires culturelles et &#233;ducatives &#224; la D&#233;l&#233;gation g&#233;n&#233;rale du Qu&#233;bec en Italie que dirige une amie d'Haiti, Mme Amalia Daniela Renosto. Le temps d'une r&#233;flexion ouverte, je me suis mis &#224; r&#234;ver que nos repr&#233;sentations diplomatiques outre-mer puissent enfin, un jour prochain, &#234;tre dot&#233;es d'un personnel aussi comp&#233;tent, hautement professionnel et efficace que celui en poste en Italie&#8230; Cadrage : le cocktail offert par l'ambassade d'Ha&#239;ti &#224; Rome, bellement festif, et auquel participaient nombre de diplomates accr&#233;dit&#233;s en Italie, avait le panache des grandes c&#233;l&#233;brations pr&#233;par&#233;es avec soin et soucieuses de donner une image positive d'Ha&#239;ti : exposition de sculptures, de fer forg&#233;, de peintures et d'objet d'artisanat ; d&#233;gustation de plats traditionnels ha&#239;tiens ; exposition de livres et de revues ha&#239;tiennes ; exposition des r&#233;centes cr&#233;ations vestimentaires de la designer italo-ha&#239;tienne Stella Maria Novarino, belle comme un po&#232;me d'eau fra&#238;che&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La s&#233;quence litt&#233;raire de ce cocktail &#8211;pr&#233;sid&#233; avec l'intelligence du c&#339;ur par l'ambassadeur Karl-Henry Guiteau, auquel a r&#233;pondu sym&#233;triquement en introduction de bienvenue le repr&#233;sentant ad interim d'Ha&#239;ti en Italie, Carl Benny Raymond, les deux admirablement second&#233;s par Laurence Durand, une professionnelle de haut niveau, &#224; l'instar de Mmes Nathalie Castera-Hahn, Monette Etienne Donat-Cattin et Danielle Longo&#8212;, a &#233;t&#233; brillamment introduite par l'Ha&#239;tienne Marie H&#233;l&#232;ne Laforest, professeure de lettres carib&#233;ennes &#224; L'Universit&#224; degli Studi di Napoli &#171; L'Orientale &#187;. Elle a su circonscrire, avec rigueur et hauteur de propos, la po&#233;tique de Robert Berrou&#235;t-Oriol ainsi que le projet esth&#233;tique de Dany Laferri&#232;re. L'un des temps forts de cette soir&#233;e ? La r&#233;citation d'extraits de mes livres &#171; En haute rumeur des si&#232;cles &#187; et &#171; Po&#232;mes du d&#233;cours &#187; aux c&#244;t&#233;s de l'ami Dany Laferri&#232;re lisant des extraits de &#171; L'&#233;nigme du retour &#187; (&#201;ditions du Bor&#233;al et &#201;ditions Grasset, Prix M&#233;dicis 2009). Plusieurs personnes de l'assistance, Italiens, Ha&#239;tiens et Fran&#231;ais, m'ont confi&#233; en avoir &#233;t&#233; &#233;mues&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mon s&#233;jour en Italie s'est &#233;teint le 24 mars 2012 par une visite guid&#233;e de la Cit&#233; du Vatican, de ses jardins et de ses mus&#233;es. Mais comment dire le torrentiel &#233;blouissement esth&#233;tique que l'on ressent &#224; la Chapelle Sixtine ou devant cette &#339;uvre immortelle de Michel-Ange, &#171; La Creazione dell'uomo &#187; ? Comment donc verbaliser l'&#233;motion d'une &#226;me pa&#239;enne, la mienne, &#224; chaque carrefour de Rome, ville-mus&#233;e offrant &#224; chacun de mes pas et avec volupt&#233; la diversit&#233; de son architecture et de ses cuisines r&#233;gionales et ville pourtant branch&#233;e sur la modernit&#233; du XXIe si&#232;cle ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'&#233;vidence, il faut (re)embrasser Rome, ses ruines, ses palais, ses d&#233;dales de sous-sols aux relents arch&#233;ologiques, le grouillement ruche de ses venelles, ses innombrables mus&#233;es au participe pass&#233; comme au subjonctif pr&#233;sent et (re)na&#238;tre pour en dire l'extraordinaire incipit&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[ NDLR : Robert Berrou&#235;t Oriol, linguiste-terminologue, po&#232;te et critique litt&#233;raire, est coauteur de la premi&#232;re &#233;tude th&#233;orique portant sur &#171; Les &#233;critures migrantes et m&#233;tisses au Qu&#233;bec &#187; (Quebec Studies, Ohio, 1992). Sa derni&#232;re oeuvre litt&#233;raire, &#171; Po&#232;me du d&#233;cours &#187; (&#201;ditions Triptyque, Montr&#233;al 2010), a obtenu en France le Prix de po&#233;sie du Livre insulaire Ouessant 2010. Ancien enseignant &#224; la Facult&#233; de linguistique d'Ha&#239;ti, il est &#233;galement coordonnateur et coauteur du livre de r&#233;f&#233;rence &#171; L'am&#233;nagement linguistique en Ha&#239;ti : enjeux, d&#233;fis et propositions &#187; &#8212; &#201;ditions du Cidihca, Montr&#233;al, f&#233;vrier 2011, &#201;ditions de l'Universit&#233; d'&#201;tat d'Ha&#239;ti, Port-au-Prince, juin 2011.]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Vice Versa no 1</title>
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		<title>The Toronto Declaration : No Celebration of Occupation. An Open Letter to the Toronto International Film Festival :</title>
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<category domain="http://www.eurocanada.info/spip.php?rubrique1">Focus </category>


		<description>As members of the Canadian and international film, culture and media arts communities, we are deeply disturbed by the Toronto International Film Festival's decision to host a celebratory spotlight on Tel Aviv We protest that TIFF, whether intentionally or not, has become complicit in the Israeli propaganda machine. In 2008, the Israeli government and Canadian partners Sidney Greenberg of Astral Media, David Asper of Canwest Global Communications and Joel Reitman of MIJO Corporation (...)

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&lt;a href="http://www.eurocanada.info/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Focus &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;As members of the Canadian and international film, culture and media arts communities, we are deeply disturbed by the Toronto International Film Festival's decision to host a celebratory spotlight on Tel Aviv&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;We protest that TIFF, whether intentionally or not, has become complicit in the Israeli propaganda machine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;In 2008, the Israeli government and Canadian partners Sidney Greenberg of Astral Media, David Asper of Canwest Global Communications and Joel Reitman of MIJO Corporation launched &#8220;Brand Israel,&#8221; a million dollar media and advertising campaign aimed at changing Canadian perceptions of Israel. Brand Israel would take the focus off Israel's treatment of Palestinians and its aggressive wars, and refocus it on achievements in medicine, science and culture. An article in Canadian Jewish News quotes Israeli consul general Amir Gissin as saying that Toronto would be the test city for a promotion that could then be deployed around the world. According to Gissin, the culmination of the campaign would be a major Israeli presence at the 2009 Toronto International Film Festival. (Andy Levy-Alzenkopf, &#8220;Brand Israel set to launch in GTA,&#8221; Canadian Jewish News, August 28, 2008.)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;In 2009, TIFF announced that it would inaugurate its new City to City program with a focus on Tel Aviv. According to program notes by Festival co-director and City to City programmer Cameron Bailey, &#8220;The ten films in this year's City to City programme will showcase the complex currents running through today's Tel Aviv. Celebrating its 100th birthday in 2009, Tel Aviv is a young, dynamic city that, like Toronto, celebrates its diversity.&#8221;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The emphasis on 'diversity' in City to City is empty given the absence of Palestinian filmmakers in the program. Furthermore, what this description does not say is that Tel Aviv is built on destroyed Palestinian villages, and that the city of Jaffa, Palestine's main cultural hub until 1948, was annexed to Tel Aviv after the mass exiling of the Palestinian population. This program ignores the suffering of thousands of former residents and descendants of the Tel Aviv/Jaffa area who currently live in refugee camps in the Occupied Territories or who have been dispersed to other countries, including Canada. Looking at modern, sophisticated Tel Aviv without also considering the city's past and the realities of Israeli occupation of the West Bank and the Gaza strip, would be like rhapsodizing about the beauty and elegant lifestyles in white-only Cape Town or Johannesburg during apartheid without acknowledging the corresponding black townships of Khayelitsha and Soweto.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;We do not protest the individual Israeli filmmakers included in City to City, nor do we in any way suggest that Israeli films should be unwelcome at TIFF. However, especially in the wake of this year's brutal assault on Gaza, we object to the use of such an important international festival in staging a propaganda campaign on behalf of what South African Archbishop Desmond Tutu, former U.S. President Jimmy Carter, and UN General Assembly President Miguel d'Escoto Brockmann have all characterized as an apartheid regime.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;This letter was drafted by the following ad hoc committee :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Udi Aloni, filmmaker, Israel ; Elle Flanders, filmmaker, Canada ; Richard Fung, video artist, Canada ; John Greyson, filmmaker, Canada ; Naomi Klein, writer and filmmaker, Canada ; Kathy Wazana, filmmaker, Canada ; Cynthia Wright, writer and academic, Canada ; b h Yael, film and video artist, Canada&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Endorsed By :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ahmad Abdalla, Filmmaker, Egypt
Hany Abu-Assad, Filmmaker, Palestine
Mark Achbar, Filmmaker, Canada
Zackie Achmat, AIDS activist, South Africa
Ra'anan Alexandrowicz, Filmmaker, Jerusalem
Anthony Arnove, Publisher and Producer, USA
Ruba Atiyeh, Documentary Director, Lebanon
Joslyn Barnes, Writer and Producer, USA
Harry Belafonte, Musician/Actor, USA
John Berger, Author, France
Walter Bernstein, Screenwriter/Film Producer, USA
Dionne Brand, Poet/Writer, Canada
Daniel Boyarin, Professor, USA
Judith Butler, Professor, USA
David Byrne, Musician, USA
Noam Chomsky, Professor, USA
Julie Christie, Actor, USA
Guy Davidi Director, Israel
Na-iem Dollie, Journalist/Writer, South Africa
Igor Drljaca, Filmmaker, Canada
Eve Ensler, Playwright, Author, USA
Eyal Eithcowich, Director, Israel
Lynne Fernie, Filmmaker and Programmer, Canada
Sophie Fiennes, Filmmaker, UK
Peter Fitting, Professor, Canada
Jane Fonda, Actor and Author, USA
Danny Glover, Filmmaker and Actor, USA
Noam Gonick, Director, Canada
Malcolm Guy, Filmmaker, Canada
Rawi Hage, Writer, Canada
Anne Henderson, Filmmaker, Canada
Mike Hoolboom, Filmmaker, Canada
Annemarie Jacir, Filmmaker, Palestine
Gordon Jackson, Jazz Musician, South Africa
Fredric Jameson, Literary Critic, USA
Juliano Mer Khamis, Filmmaker, Jenin/Haifa
Bonnie Sherr Klein Filmmaker, Canada
Joy Kogawa, Writer, Canada
Paul Laverty, Producer, UK
Min Sook Lee, Filmmaker, Canada
Paul Lee, Filmmaker, Canada
Yael Lerer, publisher, Tel Aviv
Mark Levine, Professor, USA
Jack Lewis, Filmmaker, South Africa
Ken Loach, Filmmaker, UK
Arab Lotfi, Filmmaker, Egypt/Lebanon
Kyo Maclear, Author, Toronto
Mahmood Mamdani, Professor, USA
Fatima Mawas, Filmmaker, Australia
Anne McClintock, Professor, USA
Tessa McWatt, Author, Canada and UK
Viggo Mortensen, Actor, USA
Cornelius Moore, Film Distributor, USA
Yousry Nasrallah, Director, Egypt
Joan Nestle, Writer, USA
Rebecca O'Brien, Producer, UK
Pratibha Parmar, Producer/Director, UK
Anand Patwardhan, Documentary Film Maker, India
Jeremy Pikser, Screenwriter, USA
John Pilger, Filmmaker, UK
Shai Carmeli Pollak, Filmmaker, Israel
Ian Iqbal Rashid, Filmmaker, Canada
Judy Rebick, Professor, Canada
David Reeb, Artist, Tel Aviv
B. Ruby Rich, Critic and Professor, USA
Wallace Shawn, Playwright, Actor, USA
Eyal Sivan, Filmmaker and Scholar, Paris/London/Sderot
Elia Suleiman, Fimmlaker, Nazareth/Paris/New York
Eran Torbiner, Filmmaker, Israel
Alice Walker, Writer, USA
Thomas Waugh, Professor, Canada
Christian Wiener Freso, President &#8211; Union of Peruvian Filmmakers, Peru
Debra Zimmerman, Executive Director Women Make Movies, USA
Howard Zinn, Writer, USA
Slavoj Zizek, Professor, Slovenia&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Les &#233;lections europ&#233;ennes du 7 juin Le d&#233;fi des Newsropeans aux Eurocanadiens </title>
		<link>http://www.eurocanada.info/spip.php?article144</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.eurocanada.info/spip.php?article144</guid>
		<dc:date>2009-05-16T14:02:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		

<category domain="http://www.eurocanada.info/spip.php?rubrique1">Focus </category>


		<description>Selon de r&#233;centes &#233;tudes sur les diasporas, il y aurait plus 499 000 Canadiens en Europe dont 322 000 qui y vivent de mani&#232;re permanente et 177 000 de mani&#232;re temporaire. A cela, il faut ajouter ceux qui ne sont pas d&#233;clar&#233;s sur le registre des chancelleries. Parmi eux, on y trouve, bien s&#251;r, les immigrants de la premi&#232;re g&#233;n&#233;ration venus finir leur jours, mais &#233;galement leurs fils ou leurs petits-fils qui, &#224; l'occasion d'un voyage, red&#233;couvrent le pays de leurs a&#239;euls et (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Selon de r&#233;centes &#233;tudes sur les diasporas, il y aurait plus 499 000 Canadiens en Europe dont 322 000 qui y vivent de mani&#232;re permanente et 177 000 de mani&#232;re temporaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A cela, il faut ajouter ceux qui ne sont pas d&#233;clar&#233;s sur le registre des chancelleries. Parmi eux, on y trouve, bien s&#251;r, les immigrants de la premi&#232;re g&#233;n&#233;ration venus finir leur jours, mais &#233;galement leurs fils ou leurs petits-fils qui, &#224; l'occasion d'un voyage, red&#233;couvrent le pays de leurs a&#239;euls et d&#233;cident de s'y r&#233;installer. Ensuite il y a ceux et celles qui suivent maris ou femmes et qui de ce fait &#171; prennent pays &#187;&#8230; selon le vieil adage. Enfin il y a tous ceux qui, par go&#251;t ou par obligation professionnelle, se retrouvent de l'autre c&#244;t&#233; de l'Atlantique sans parler de ceux qui poss&#232;dent la doublent nationalit&#233; et qui pourraient voter. On en d&#233;nombre plus d'un million au Canada seulement. Bref, nous y retrouvons tous les cas de figures autant personnels que professionnels qui constituent la trame de la vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les Canadiens ne se sont jamais consid&#233;r&#233;s comme une &#171; communaut&#233; immigrante &#187; dans le sens o&#249; on l'entend habituellement. Leur nombre et la relative nouveaut&#233; de leur expatriation ont rendu leur pr&#233;sence discr&#232;te. Par temp&#233;rament, ils le sont rest&#233;s. Une forme de sagesse h&#233;rit&#233;e de l'exp&#233;rience coloniale et immigrante, les a maintenus &#233;loign&#233;s de la cuisine politicienne europ&#233;enne et de leurs petites disputes entre amis. Et pour cause. Ils se sont trouv&#233;s plus souvent qu'&#224; leur tour &#224; devoir essuyer les pl&#226;tres de leurs turbulents a&#238;n&#233;s m&#233;tropolitains. Cette m&#233;fiance ne date pas de la Premi&#232;re ou de la Seconde guerre &#171; mondiale &#187; qui, tout compte fait, ont &#233;t&#233; des guerres r&#233;gionales. Elle remonte aux conflits coloniaux et aux guerres religieuses et imp&#233;riales qui ont d&#233;chir&#233; l'Europe des si&#232;cles durant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; N&#233; de ces conflits, le Canada a nourri &#224; l'&#233;gard de l'Europe une relation d'admiration, voire de d&#233;pendance m&#234;l&#233;e de d&#233;fiance. Mais l'Europe lui a servi aussi de r&#233;v&#233;lateur. Les champs de bataille europ&#233;ens lui ont permis, &#224; son corps d&#233;fendant, d'obtenir sa juste place dans le concert des nations. Cela n'a pas &#233;t&#233; sans contrepartie : le sang vers&#233; de ses soldats venus d&#233;fendre un continent qui leur &#233;tait devenu &#233;tranger. &#171; Peut-&#234;tre, pour dramatique qu'il soit, le d&#233;barquement actuel de nombreux Canadiens fran&#231;ais sur la c&#244;te normande aidera-t-il au r&#233;tablissement d'un contact vital, manquant depuis deux si&#232;cle &#187; , confiera un Andr&#233; Breton en cette ann&#233;e 1944, en exil sur le c&#244;te gasp&#233;sienne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce &#171; contact vital &#187; contribuera en effet &#224; nourrir, au lendemain de la guerre, la lente et laborieuse construction de l'identit&#233; canadienne. Comment en effet conjuguer les droits des descendants des deux puissances coloniales avec ceux, longtemps bafou&#233;s, des Premiers nations ? Comment en effet d&#233;cliner les droits des communaut&#233;s immigrantes, pr&#232;s d'une centaine, qui cherchent &#224; accorder leur h&#233;ritage avec la mosa&#239;que culturelle de ce pays-continent avec le nationalisme des descendants des colons fran&#231;ais et l'a-nationalisme des descendants des Orangistes ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La r&#233;solution de cette &#233;quation n'est pas simple et ressemble &#224; s'y m&#233;prendre au processus de construction europ&#233;en ! Nombre de commentateurs canadiens l'ont d'ailleurs constat&#233; depuis belle lurette. Cette comparaison n'est pas fallacieuse. Car autant le Canada &#8211;mais surtout ses &#233;lites&#8211; regarde vers l'Europe pour trouver de solutions &#224; ses crises ; autant l'Europe -et ses &#233;lites &#8211; reluquent, plus discr&#232;tement il est vrai et en ordre tr&#232;s dispers&#233;, de ce c&#244;t&#233;-l&#224; de l'Atlantique nord pour les m&#234;mes raisons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui &#224; l'heure de la crise financi&#232;re mondialis&#233;e et du &#171; village global &#187; selon l'expression de Marshall MacLuhan &#8211;l'un des penseurs canadiens les plus embl&#233;matiques de la modernit&#233;, il n'est plus possible de se cacher derri&#232;re la bienveillante neutralit&#233; qui est la marque de commerce du Canada &#224; l'&#233;tranger. Aujourd'hui plus que jamais, il est important de prendre position et de voter si on en &#224; la possibilit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parmi tous les mouvements et partis europ&#233;ens qui vont se pr&#233;senter &#224; l'&#233;lection le 7 juin prochain, le mouvement des Newropeans est sans aucun doute celui avec lequel les Eurocanadiens ont la plus grande affinit&#233;. Pourquoi ?
D'abord parce qu'il rompt avec la logique nationale qui a si longtemps empoisonn&#233; les relations intereurop&#233;eennes. A la diff&#233;rence des grands partis, Newropeans n'a pas de base r&#233;gionale. C'est sa faiblesse mais &#233;galement sa force car cette position lui permet de proposer un programme unifi&#233; aux Europ&#233;ens &#224; la diff&#233;rence des autres partis politiques dont les positions sont contradictoires d'un pays &#224; l'autre. Mieux. Cette perspective transculturelle et assum&#233;e comme telle, refl&#232;te d'embl&#233;e le bi-ou trinationalit&#233; qui est l'apanage des Eurocanadiens mais aussi d'un nombre grandissant de citoyens europ&#233;ens aujourd'hui. C'est pourquoi les Newropeans sont au diapason avec la nouvelle soci&#233;t&#233; civile europ&#233;enne qui a &#233;merg&#233; depuis plus vingt cinq par l'acc&#233;l&#233;ration de nouveaux moyens de transport ( TGV, Lowcost&#8230; ) et de communication (Internet..) mais aussi par les programmes communs comme les bourses Erasmus. (Je rappelle que le pr&#233;sident de Newropeans, Franck Biancheri est l'un des protagonistes de ces bourses d'&#233;tudes qui ont permis &#224; des milliers de jeunes europ&#233;ens d'&#233;tudier en Europe et ainsi de mieux se conna&#238;tre). On touche ici du doigt l'un des probl&#232;mes majeurs de la politique europ&#233;enne : le d&#233;crochage de la soci&#233;t&#233; civile europ&#233;enne avec les partis politiques cens&#233;s les repr&#233;senter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La re-nationalisation de l'Europe explique en grande partie l'incapacit&#233; r&#233;dhibitoire des classes politiques nationales actuelles &#224; produire une v&#233;ritable vision politique continentale. D&#233;chir&#233;s par les luttes de clans, travaill&#233;s par les ambitions personnelles qui s'affichent d&#233;sormais sans l'alibi id&#233;ologique, traumatis&#233;s par les crises (id&#233;ologique, politique, financi&#232;re&#8230;) les diff&#233;rents partis politiques nationaux peinent &#224; d&#233;passer leurs propres int&#233;r&#234;ts &#233;lectoraux pour entrevoir l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, comme le fit en son temps la g&#233;n&#233;ration des Schuman, des Monnet &#8230; Cons&#233;quence : le Parlement devient la caisse de r&#233;sonance des disputes des partis nationaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Ce d&#233;ficit d&#233;mocratique se r&#233;percute sur la lisibilit&#233; qu'a le citoyen des institutions europ&#233;ennes. Mais plus encore sur la l&#233;gitimit&#233; du Parlement europ&#233;en &#224; exercer souverainement ses pouvoirs. Une carence qui ouvre toute grande la porte aux lobbys (Bruxelles est la capitale mondiale du lobby avec plus de 3000 organisations et 15,000 lobbyistes) et aux d&#233;rives bureaucratiques et &#224; leur impunit&#233;. C'est pourquoi Newsropeans se propose entre autre mesure d'abolir l'immunit&#233; &#224; vie des fonctionnaires europ&#233;ens. Cette opacit&#233; est encore renforc&#233;e par les disparit&#233;s des conditions d'&#233;ligibilit&#233; qui existent entre chaque pays pour se pr&#233;senter aux &#233;lections europ&#233;ennes. &#171; No taxation without representation &#187;, exigeaient en leur temps les insurg&#233;s am&#233;ricains. Ce principe vaut plus que jamais aujourd'hui pour b&#226;tir la Nouvelle Europe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La d&#233;mocratisation de la vie politique est la clef de vo&#251;te de la refondation europ&#233;enne. La libert&#233; et la solidarit&#233; &#233;galement. Ce sont l&#224; des valeurs universelles auxquelles les Eurocanadiens sont particuli&#232;rement sensibles parce qu'elles sont justement l'indispensable creuset de nouvelles actions, de nouvelles r&#233;ponses dont notre monde a besoin aujourd'hui. Elles sont aussi au c&#339;ur du programme des Newropeans. Seules des femmes et des hommes libres peuvent le mettre v&#233;ritablement en action. C'est pourquoi nous vous invitons instamment &#224; voter Newsropeans . Le 7 juin prochain nous serons tous Europ&#233;ens.
Pour de plus amples informations visitez le site : &lt;a href='http://www.newropeans.eu/' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;www.newropeans.eu&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>L'Eurocanada, le maillon manquant de la politique canadienne en Europe</title>
		<link>http://www.eurocanada.info/spip.php?article143</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.eurocanada.info/spip.php?article143</guid>
		<dc:date>2009-05-12T13:18:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fulvio Caccia</dc:creator>

<category domain="http://www.eurocanada.info/spip.php?rubrique6">Agora</category>


		<description>Le Canada a adopt&#233; depuis plus de trente ans une politique originale d'int&#233;gration des immigrants &#8211;le multiculturalisme&#8211; qui fait sa fiert&#233;. Sur le plan ext&#233;rieur, en revanche, il n'a pas de v&#233;ritable politique d'expatriation. Cette absence de reconnaissance r&#233;dhibitoire contraste avec la situation d'autres grands pays et compromet le d&#233;ploiement organique d'une v&#233;ritable politique &#233;trang&#232;re &#224; l'heure de la mondialisation. Cet article a &#233;t&#233; (...)

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&lt;a href="http://www.eurocanada.info/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Agora&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Canada a adopt&#233; depuis plus de trente ans une politique originale d'int&#233;gration des immigrants &#8211;le multiculturalisme&#8211; qui fait sa fiert&#233;. Sur le plan ext&#233;rieur, en revanche, il n'a pas de v&#233;ritable politique d'expatriation. Cette absence de reconnaissance r&#233;dhibitoire contraste avec la situation d'autres grands pays et compromet le d&#233;ploiement organique d'une v&#233;ritable politique &#233;trang&#232;re &#224; l'heure de la mondialisation. Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; initialement dans &quot;Les enjeux de la politique &#233;trang&#232;re canadienne&quot; &#233;dition Nouvelles Sorbonne , 2008 sous la direction de Jean-Michel Lacroix et G&#233;rard Boismenu&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette communication entend mettre en relief l'importance des diasporas canadiennes, le r&#244;le de la nouvelle communaut&#233; eurocanadienne, le d&#233;fi pos&#233; par la globalisation des soci&#233;t&#233;s civiles ainsi que la n&#233;cessit&#233; de cr&#233;er de nouveaux m&#233;dias qui refl&#232;tent son &#233;volution.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'expatri&#233; canadien existe-t-il ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais d'abord qu'est-ce qu'un expatri&#233; canadien statistiquement parlant ? Existe-t-il vraiment ou demeure-t-il &#224; jamais dans les limbes ? Reconnaissons d'abord la difficult&#233; de faire ressortir son identit&#233; num&#233;rique &#8211; son poids&#8211; des statistiques officielles comme en conviennent tous les d&#233;mographes qui se sont pench&#233;s sur cette question. Ce probl&#232;me est bien connu et r&#233;sulte de l'absence de donn&#233;es pr&#233;cises sur les mouvements migratoires, leur labilit&#233; ( immigrants re&#231;us, migrants temporaires, immigrants naturalis&#233;s&#8230;) qui rend impossible une v&#233;ritable comparaison entre pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au Canada la seule source fiable c'est le Reverse Record Check mais ces donn&#233;es ne tiennent compte que des Canadiens expatri&#233;s temporaires. Selon la d&#233;mographe Margaret Michalowski , le RRC d&#233;finit trois cat&#233;gories de Canadiens expatri&#233;s : Il y a d'abord les Canadiens non recens&#233;s, ensuite les Canadiens recens&#233;s et enfin les &#233;migr&#233;s. Depuis 1996 sont consid&#233;r&#233;s &#171; Canadiens recens&#233;s mais temporairement &#224; l'ext&#233;rieur du pays &#187;, ceux qui, le jour du recensement, avaient quitt&#233; le Canada depuis plus de 6 mois mais qui avaient l'intention de revenir ou alors une personne dont on ignorait les intentions mais qui &#233;tait partie depuis moins de 24 mois &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On retrouve donc dans cette cat&#233;gorie surtout les &#233;tudiants, les retrait&#233;s, les travailleurs temporaires dont les chiffres restent &#224; peu pr&#232;s stables entre 1970 et 1980 . Soit environ 60,000. Mais ce chiffre bondit de 40% et passe &#224; 80,000 en cinq ans soit de 1986-1991. Au tournant du si&#232;cle, estime la d&#233;mographe, il y aurait eu 150,000 Canadiens &#224; l'&#233;tranger sur une base temporaire soit une hausse de 260% en vingt ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais l'&#233;valuation de cette population flottante ne prend pas en compte les quelques 60,000 Canadiens qui &#233;migrent bon an mal, largement compens&#233;s, il est vrai, par les nouveaux arrivants. Mais eux que deviennent-ils ? O&#249; vont-ils ? Jusqu'alors les statistiques &#233;taient muettes &#224; leur &#233;gard. Un tournant cependant a &#233;t&#233; n&#233;goci&#233; vers la fin des ann&#233;es 90.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Soucieuse de mieux refl&#233;ter les flux et reflux des migrations internationales, l'OCDE a d&#233;sormais pris en compte l'origine des ressortissants des pays membres dans ces donn&#233;es statistiques depuis juillet 2003. Il appara&#238;t alors qu'environ 1.17 millions de Canadiens &#233;quivalant &#224; 4% de la population canadienne r&#233;sidaient dans d'autres pays de l'OCDE en 2005 sur une base temporaire ou permanente. Encore que ce chiffre ne comptabilise que ceux n&#233;s sur le sol canadien et non ceux, nombreux, qui ont &#233;t&#233; naturalis&#233;s et qui vivent &#224; l'&#233;tranger. Comment donc affiner un peu plus cette image ? C'est &#224; cet exercice auquel s'est attel&#233; Kenny Zhang dans un article tr&#232;s r&#233;cent intitul&#233; &lt;i&gt;Recognizing Canadian Diaspora .&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Attendu, dit le chercheur sino-canadien que l'esp&#233;rance de vie &#233;tait de 65 ans en 40-42 et inf&#233;rant que ce taux s'applique &#233;galement aux Canadiens hors fronti&#232;re sur une p&#233;riode de 60 ans soit de 41 &#224; 2001. On peut donc estimer qu'il y aurait 2.7 millions de Canadiens &#224; l'&#233;tranger en 2001 dont 1.7 millions d'immigrants permanents : soit l'&#233;quivalent de 8.8% de la population totale du Canada. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comment en arrive-t-il &#224; ce chiffre ? C'est tr&#232;s simple. Le chercheur additionne le nombre d'&#233;migrants depuis 60 ans et en la divisant par le taux de mortalit&#233; moyen pour chaque p&#233;riode. Certes, ce pourcentage est beaucoup moins &#233;lev&#233; que celui des N&#233;o-z&#233;landais qui sont pr&#232;s de un sur quatre &#224; quitter leur pays ou encore des Mexicains 18% de la population totale. En revanche, il est le triple du taux am&#233;ricain ou chinois &#8211; respectivement 2. 5 et 2.6% dont l'immense diaspora de 34 millions masque la stabilit&#233; de sa population int&#233;rieure.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;O&#249; sont-ils ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On n'&#233;tonnera personne en disant la destination la plus pris&#233;e des Canadiens demeure les USA qui accaparent pr&#232;s de la moiti&#233; de cette population hors fronti&#232;re avec 847,000 &#233;migrants permanents et 363,000 temporaires. Sans surprise, en seconde position, l'Asie a d&#233;tr&#244;n&#233; r&#233;cemment l'Europe avec 644 000 Canadiens dont 322 000 immigrants permanents et autant de temporaires. L'Europe vient en 3e place avec 499 000 r&#233;sidents dont 322 000 canadiens qui y vivent de mani&#232;re permanente et 177 000 de mani&#232;re temporaire. Le reste du monde se partage les 380 000 Canadiens expatri&#233;s dont 203 000 &#233;migrants permanents et 177 000 temporaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et en Europe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Europe c'est sans conteste la Grande-Bretagne qui draine l'essentiel de la population canadienne &#224; l'&#233;tranger. 72, 518 r&#233;sidents temporaires sans compter les permanents. En France, selon les donn&#233;es de l'OCDE de novembre 2005 , il y a un peu moins de 20 000 Canadiens expatri&#233;s qui se repartissent comme suit 7811 r&#233;sidents canadiens provisoires et 11,102 immigrants d'origine canadienne ayant donc la double nationalit&#233;. Ces chiffres, je le r&#233;p&#232;te, ne comptabilisent pas les Canadiens naturalis&#233;s qui &#233;chappent &#224; ce calcul ni ceux qui ne sont pas d&#233;clar&#233;s aupr&#232;s des pr&#233;fectures ou de leur ambassade.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avant de poursuivre sur les consid&#233;rations politiques de ce constat, trois remarques &#233;l&#233;mentaire. Primo. Les diasporas canadiennes refl&#232;tent remarquablement les polarit&#233;s g&#233;ographiques, historiques et d&#233;mographiques qui caract&#233;risent fondamentalement le Canada. Les Etats-Unis d'un c&#244;t&#233; l'Europe et l'Asie. Ce continent dont la croissance galopante ainsi que la pr&#233;sence croissante de ressortissants asiatiques au Canada &#8211;le Chinatown de Toronto, rappelons-le, est le second au monde&#8211; expliquent qu'elle serait devenue la seconde destination pr&#233;f&#233;r&#233;e des Canadiens. Deusio. L'&#233;migration canadienne &#233;pouse &#233;troitement les mouvements m&#234;me de la mondialisation et se concentre dans des zones strat&#233;giques &#224; haut potentiel &#233;conomique. Tertio. Cette &#233;migration n'est pas, vous vous en doutez, celle que l'on pourrait qualifier &#171; de masse &#187;. D'autres motivations qu'&#233;conomiques entrent ici en ligne de compte : sentimentales, culturelles, familiales&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel enseignement politique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Maintenant quels enseignements politiques tirer de cette diaspora canadienne ? Et d'abord peut-on la consid&#233;rer comme telle dans le sens que le dictionnaire assigne &#224; l'extension du terme diaspora, &#224; savoir : &#171; dispersion d'une communaut&#233; &#224; travers le monde &#187;. Les Canadiens &#224; l'&#233;tranger se sentent-il eux-m&#234;mes exil&#233;s, errants comme la chanson jadis l'&#233;voquait ? Souhaitent-il d'ailleurs faire partie d'une &#171; communaut&#233; &#187; ? Rien n'est moins s&#251;r d'autant qu'entrent en jeu ici les diverses sensibilit&#233;s d'appartenance en discussion dans la soci&#233;t&#233; canadienne aujourd'hui. Sans entrer dans le d&#233;bat sur la nation et le processus de &#171; Nation Building &#187; en acte au Canada, force est cependant de constater que l'Etat canadien a jusqu'ici fait l'impasse sur le d&#233;veloppement d'une v&#233;ritable politique d'expatriation -&#224; l'image du multiculturalisme- des diasporas canadiennes. Et pour cause.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet la valorisation des diasporas a toujours &#233;t&#233; le fait de gouvernements tr&#232;s nationalistes, voire de la droite extr&#234;me. On a qu'&#224; se rappeler les tentatives des gouvernements nazis et fascistes pour embrigader les notables de l'&#233;migration italienne et allemande aux USA et au Canada, sans grand succ&#232;s d'ailleurs mais cr&#233;ant la suspicion chez les alli&#233;s avec les d&#233;rives que l'on sait . En temps de paix, les Etats &#224; forte &#233;migration ne l'ont encourag&#233; que par int&#233;r&#234;t &#233;conomique dans la mesure o&#249; elle permettait la cr&#233;ation d'un march&#233; captif, ethnique au sein du pays d'accueil et l'afflux de devises par l'&#233;pargne de leurs expatri&#233;s. Pour des raisons que l'on sait le Canada ne participe pas de cette &#233;conomie-l&#224;. C'est aussi d'ailleurs la raison pour laquelle il ne s'est pas vraiment beaucoup int&#233;ress&#233; &#224; ses ressortissants sinon pour les &#233;pauler dans leurs d&#233;marches administratives dans le pays d'accueil.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; L'av&#232;nement de la politique mol&#233;culaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui cependant la donne a chang&#233;. Ce n'est plus la frange la plus entreprenante des classes populaires des pays dits &#171; pauvres &#187; qui part pour se renationaliser dans le pays d'accueil mais bien les classes moyennes toutes enti&#232;res qui se mondialisent . De ringard, de pass&#233;iste, de nostalgique, la valorisation des communaut&#233;s &#224; l'&#233;tranger devient donc aujourd'hui strat&#233;gique comme l'atteste le changement de politique de divers pays, soucieux de reconna&#238;tre leurs ressortissants et leurs descendants au risque de faire bousculer le sacro-saint principe du droit du Sol de nombreux &#233;tats.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Est-ce la revanche du droit du sang ? Pas s&#251;r. La situation est plus complexe qu'elle n'y para&#238;t. Et il faut reconna&#238;tre que les cat&#233;gories politiques &#171; gauche, droite &#187; ne sont plus aussi op&#233;rantes. Pourquoi ? Parce que nous avons chang&#233; d'&#233;chelle. Nous sommes pass&#233;s d'une vision de masse &#224; une vision de niche. La mondialisation, amplifi&#233;e par les nouvelles technologies, a ceci de paradoxal qu'elle ne fait plus masse, bloc, conglom&#233;rat, &#171; nation &#187; comme l'exigeait le capitalisme triomphant du XIXe mais niche, individualit&#233;, singularit&#233;. &#171; Think globally , act locally &#187;, tel est le dicton de l'&#232;re technopolitique aujourd'hui. D'une politique molaire, nous sommes pass&#233;s &#224; une politique mol&#233;culaire, de l'infiniment grand , &#224; l'infiniment petit. Qu'est-ce &#224; dire ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Selon le philosophe franco-canadien Pierre L&#233;vy , nous quittons la politique molaire, essentiellement ax&#233;e sur des orientations de masse, pour entrer dans la politique mol&#233;culaire. C'est-&#224;-dire une politique qui serait organis&#233;e non par parti mais par probl&#232;mes. Par th&#232;mes. Ainsi il serait possible de choisir un candidat en fonction de la pertinence de ses positions sur tel ou tel th&#232;me sans lier son choix &#224; celui d'un parti. Cette politique a la carte a d'ailleurs d&#233;j&#224; commenc&#233;. En France durant le r&#233;f&#233;rendum sur la Constitution europ&#233;enne, une majorit&#233; de militants socialistes s'est dissoci&#233;e de la position officielle de leur parti, favorable &#224; la Constitution, en adh&#233;rant au camp du non.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'environnement num&#233;rique avec Internet et ses cort&#232;ges de blogues et de listes de diffusion n'est pas &#233;tranger &#224; cette reconfiguration du politique qui est en fait une d&#233;territorialisation en bonne et due forme. Tout se passe comme si Internet d&#233;nouait &#171; la fiction &#187; du lien territorial qui relie m&#233;caniquement un citoyen &#224; sa nation . Il n'est d'ailleurs pas &#233;tonnant si ce sont les &#171; Italiens de l'&#233;tranger &#187; et particuli&#232;rement les Italiens du Canada qui sont venu trancher le n&#339;ud gordien de &#171; l'ind&#233;cidabilit&#233; &#187; d&#233;mocratique de leur pays d'origine. Et n'allez pas croire que ce ph&#233;nom&#232;ne est propre &#224; la P&#233;ninsule. Il est consubstantiel aux
d&#233;mocraties contemporaines entr&#233;es aujourd'hui en crise. Rappelons-nous les pr&#233;sidentielles am&#233;ricaines en 2000 et plus r&#233;cemment les l&#233;gislatives allemandes. Cette incapacit&#233; de choisir souligne les limites des dispositifs repr&#233;sentatifs tels que les incarnent les institutions d&#233;mocratiques dont les partis politiques. La comp&#233;tition acharn&#233;e de ces derniers les conduit souvent &#224; sacrifier les contenus &#224; la tactique. Aujourd'hui tout se passe comme si en refusant des majorit&#233;s nettes &#224; leurs &#233;lus, le peuple pla&#231;ait ses gouvernants en situation de leur rendre des comptes. C'est le principe d'incertitude d'Heisenberg appliqu&#233; &#224; la politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La tentation de succomber alors aux extr&#234;mes politiques dans la sph&#232;re int&#233;rieure se doit &#234;tre compens&#233;e par la reconnaissance politique des extr&#234;mes &#8211;en l'occurrence la diaspora&#8211; dans la sph&#232;re ext&#233;rieure. Les femmes et les hommes politiques d'ailleurs l'avaient subodor&#233; assez t&#244;t.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; L'&#233;mergence d'une soci&#233;t&#233; civile globale anim&#233;e par des int&#233;r&#234;ts communs doit pr&#233;sider &#224; la recherche des solutions, n&#233;cessairement complexes, aux d&#233;fis mondiaux qui ont r&#233;sist&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent aux processus intergouvernementaux &#187; rappelait d&#232;s 1998 un ancien ministre des affaires &#233;trang&#232;res . En clair, cela signifie que l'&#201;tat n'est plus en mesure d'impulser, ni d'encadrer les relations bilat&#233;rales comme nagu&#232;re et que dans ce domaine il a int&#233;r&#234;t &#224; s'adosser &#224; cette nouvelle soci&#233;t&#233; civile globalis&#233;e en &#233;mergence et &#224; laquelle les diasporas canadiennes sont l'indispensable interface.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne s'agit pas, vous l'aurez compris, d'agiter ici l'unifoli&#233; mais de voir comment reconna&#238;tre et renforcer efficacement la diaspora canadienne &#8211; du moins celle qui a &#233;migr&#233; depuis moins de vingt ans&#8211; afin quelle joue son r&#244;le dans &#171; la soci&#233;t&#233; civile globale &#187;. Ce n'est pas un hasard non plus si un ministre des affaires &#233;trang&#232;res fut battu &#224; cause notamment de sa position prise en Ha&#239;ti laquelle avait d&#233;plu &#224; la diaspora ha&#239;tienne de sa circonscription .&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La politique &#233;trang&#232;re s'invitant d&#233;sormais plus que jamais dans la politique int&#233;rieure, exige en retour que l'Etat, l'&#233;tat canadien &#224; fortiori, change la mani&#232;re de percevoir leurs ressortissants &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Europe et la soci&#233;t&#233; civile globalis&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'Europe &#224; cet &#233;gard peut la favoriser plus que toute autre r&#233;gion. Pourquoi ? Parce que malgr&#233; le relatif &#233;chec constitutionnel, l'Europe, &#224; l'instar du Canada, exp&#233;rimente in vivo sa diversit&#233; dans un contexte d&#233;mocratique. La recherche de solutions politique &#224; caract&#232;re f&#233;d&#233;ral, la justice sociale, la protection de la diversit&#233; culturelle sont des objectifs Communs &#224; ces deux entit&#233;s politiques. Et qui plus est, le Canada est issu de l'exp&#233;rience coloniale europ&#233;enne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;H&#233;ritier de deux grandes traditions europ&#233;ennes, riches de plus de 80 communaut&#233;s immigrantes qui d&#233;clinent leurs diff&#233;rences avec la tradition am&#233;rindienne en pleine renaissance, le Canada participe plus que jamais &#224; cette pluralit&#233; du monde. Avec la moiti&#233; de sa population d'origine immigrante dont 18% n&#233;s hors au pays, le Canada exp&#233;rimente les conditions in&#233;dites d'une citoyennet&#233; d'un autre type. Si la r&#233;flexion men&#233;e sur le multiculturalisme depuis trente ans a permis d'y int&#233;grer l'h&#233;ritage des autres cultures, la mondialisation aujourd'hui l'oblige &#224; la projeter dans le monde. De sorte qu'&#234;tre Canadien n'est plus l'apanage de celui qui y est n&#233; ou y habite mais rel&#232;ve, des affinit&#233;s &#233;lectives cr&#233;es par le partage des valeurs communes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelles sont ses valeurs ? Ce sont les valeurs fondamentales que sont l'attachement &#224; libert&#233;, la justice sociale, l'initiative individuelle, la paix dans le monde, le respect de l'environnement et de la diversit&#233; culturelle. Nul n'est besoin d'&#234;tre n&#233; dans le pays pour y adh&#233;rer. C'est de la sorte que l'on peut se d&#233;nationaliser et &#234;tre &#171; Canadien, en Asie, en Afrique ou en Am&#233;rique et en France &#187;. L'appartenance nationale subsume les fronti&#232;res et la Canadianit&#233;. On pourrait dire de m&#234;me pour l'hispanit&#233;, l'italianit&#233;, la francit&#233; voire la francophonie comme l'avait fort bien compris un certain L&#233;opold S&#233;dar Senghor. &#202;tre canadien devient donc un &#233;tat d'esprit, une mani&#232;re de vivre commune &#224; tous et n'appartenant &#224; aucun en particulier. C'est de la sorte que cette sp&#233;cificit&#233; peut se d&#233;cliner s'additionner et d&#233;jouer les pi&#232;ges du communautarisme. Plus vari&#233;es seront les identit&#233;s ; plus riche, plus &#171; moderne &#187; sera le pays qui s'en pr&#233;vaudra.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si les Canadiens expatri&#233;s &#233;taient, hier encore, peu nombreux en Europe et le fait presque exclusif du corps diplomatique et du personnel des soci&#233;t&#233;s multinationales, tel d&#233;sormais n'est plus le cas. Plus cosmopolite, mieux &#233;duqu&#233;e que les pr&#233;c&#233;dentes, cette nouvelle g&#233;n&#233;ration de Canadiens expatri&#233;s d&#233;cline les qualit&#233;s de pragmatisme nord-am&#233;ricain alli&#233; &#224; une sophistication bref des exigences nouvelles d'interm&#233;diation auxquelles les associations existantes ne sont pas habitu&#233;es &#224; r&#233;pondre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La chancellerie y trouve certes un vivier id&#233;al pour recruter ses employ&#233;s locaux mais son choix reste dict&#233; par des consid&#233;rations &#233;conomiques qui fait l'impasse sur l'aspect proprement politique de cette nouvelle donne. Le nouvel environnement num&#233;rique et la mondialisation de l'&#233;conomie incitent pourtant les autorit&#233;s &#224; red&#233;finir leurs relations bilat&#233;rales en tenant compte de cette nouvelle population. Interface naturelle entre la France et le Canada, cette g&#233;n&#233;ration contribue &#224; cr&#233;er un r&#233;seau d'influence accrue, aptes &#224; mieux mailler l'espace des relations bilat&#233;rales. La conjoncture qui pr&#233;vaut aujourd'hui est optimale pour un red&#233;ploiement associatif. Encore faut-il identifier les groupes -porteurs et avoir les moyens et la volont&#233; politique d'intervenir au bon moment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est ici qu'interviennent des nouveaux r&#233;seaux que favorisent les nouvelles technologies. Jadis la religion ou la langue unifiait le territoire, aujourd'hui face &#224; d&#233;territorialisation acc&#233;l&#233;r&#233;e des nations, ce sont les affinit&#233;s &#233;lectives des communaut&#233;s virtuelles qui serviront de balise de r&#233;f&#233;rence et &#233;viteront que les soci&#233;t&#233;s civiles nationales en phase de globalisation (donc en perte de rep&#232;res) ne basculement dans le repli identitaire ou les fondamentalismes. L'enjeu est de taille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pourquoi il devient aujourd'hui urgent de voir appara&#238;tre et de soutenir de nouveaux m&#233;dias, ind&#233;pendants de tout parti politique qui favorisent, et permettent l'expression politique de ces communaut&#233;s virtuelles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S'il existe pl&#233;thore d'informations disponibles sur le net et notamment sur le Canada, en v&#233;rit&#233;, rares sont ces renseignements qui se r&#233;v&#232;lent pertinents pour les d&#233;cideurs Canadiens ou &#233;trangers dont la mission est de sensibiliser les Europ&#233;ens aux opportunit&#233;s canadiennes. Et vice versa. Quelles que soient les sources, leur qualit&#233; ou leur accessibilit&#233;, l'information reste format&#233;e en fonction de crit&#232;res acad&#233;miques, associatifs, ou diplomatiques qui la rend difficilement exploitable en dehors du r&#233;seau o&#249; elle est produite et donc des besoins sp&#233;cifiques de cette communaut&#233; d'acteurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ceci est d'autant plus strat&#233;gique lorsqu'on sait que le produit ou le service de l'avenir na&#238;tra de la capacit&#233; de mettre en contact les informations avec les acteurs issus de milieux diff&#233;rents. C'est la fameuse &#233;conomie du savoir dont on nous parle tant. C'est pr&#233;cis&#233;ment le d&#233;fi du site &lt;i&gt;Eurocanada. info&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>St&#233;phan Daigle, artiste-ph&#233;nix</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fulvio Caccia</dc:creator>

<category domain="http://www.eurocanada.info/spip.php?rubrique8">Agenda</category>


		<description>Je ne peux parler de ligne directrice autre que mon amour immod&#233;r&#233; pour toutes les formes d'expression plastique de l'Humanit&#233; et pour l'Intelligence manifest&#233;e dans la beaut&#233; du monde. Ce sont l&#224; mes guides et mes ma&#238;tres. Eurocanada. Votre travail pictural t&#233;moigne magnifiquement de la diversit&#233; des sources et des r&#233;f&#233;rences. Quelle est la ligne directrice dans vos cr&#233;ations ? J'ai toujours &#233;t&#233; &#233;bloui par la vari&#233;t&#233; des langages picturaux issus de (...)

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&lt;a href="http://www.eurocanada.info/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Agenda&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.eurocanada.info/IMG/arton142.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;95&quot; height=&quot;126&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Je ne peux parler de ligne directrice autre que mon amour immod&#233;r&#233; pour toutes les formes d'expression plastique de l'Humanit&#233; et pour l'Intelligence manifest&#233;e dans la beaut&#233; du monde. Ce sont l&#224; mes guides et mes ma&#238;tres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Eurocanada. Votre travail pictural t&#233;moigne magnifiquement de la diversit&#233; des sources et des r&#233;f&#233;rences. Quelle est la ligne directrice dans vos cr&#233;ations ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai toujours &#233;t&#233; &#233;bloui par la vari&#233;t&#233; des langages picturaux issus de l'imaginaire humain, et plus particuli&#232;rement leurs formes les plus anciennes parce qu'elles sont fondatrices de notre imaginaire. Elles t&#233;moignent avec &#233;loquence des profondeurs de notre psych&#233;. Cette passion a fait de moi un affam&#233; de culture visuelle livresque et un spectateur attentif de la sc&#232;ne artistique internationale en art plastique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme un enfant amoureux de ses parents spirituels, j'imite et je m'approprie les formes de mes mod&#232;les tout en les adaptant &#224; ma r&#233;alit&#233; culturelle, &#224; mon contexte psychosociologique. Mais aussi, comme artiste peintre, illustrateur et concepteur visuel, j'adapte ces emprunts formels &#224; mon discours pictural en utilisant leur puissance &#233;vocatrice.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tel un amoureux, c'est la puissance magn&#233;tique de la Beaut&#233; qui oriente mon parcours. Cette Beaut&#233; qui, pour moi, est synonyme d'Intelligence du vivant et donne un sens &#224; ma vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous utilisez des th&#232;mes qui s'inspirent largement de la peinture indienne et perse. Qu'est-ce qui vous attire dans ces cultures ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'imagine que vous faites allusion &#224; mes oeuvres r&#233;centes, inspir&#233;es par les tapis-jardin orientaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui est au coeur de cette recherche ce sont : ma sensibilisation &#233;cologique &#224; titre d'homme inscrit dans la r&#233;alit&#233; physique contemporaine et une pr&#233;occupation s&#233;miotique et esth&#233;tique &#224; titre d'artiste visuel pr&#233;occup&#233; par la vie psychique de l'Humanit&#233;. Cela forme un tout indissociable pour moi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le tapis-jardin oriental (qui fut invent&#233; par les Arm&#233;niens faisant partie de l'Empire byzantin) se veut une repr&#233;sentation de l'&#201;den ou du paradis. Quelle que soit votre culture, cette vision id&#233;ale ne peut que vous rejoindre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans mon esprit, l'artiste a un r&#244;le humain primordial de semeur de r&#234;ves et de visionnaire. Il est un officiant au temple de la Beaut&#233;, car rien n'est plus puissant que le D&#233;sir. Il n'y a pas de meilleurs moyens, je crois, pour g&#233;n&#233;rer cet espoir donnant la volont&#233; constructrice du changement que de proposer un id&#233;al accessible, un r&#234;ve &#224; r&#233;aliser pour les g&#233;n&#233;rations &#224; venir. Je suis persuad&#233; que l'Humanit&#233; doit recr&#233;er l'&#201;den et en devenir le jardinier aimant et enthousiaste. Cela me semble in&#233;luctablement inscrit dans notre destin&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette th&#233;matique du paradis vient aussi du fait de ma fr&#233;quentation r&#233;guli&#232;re de la for&#234;t et des parcs. Habitant en r&#233;gion pr&#232;s de Montr&#233;al, j'ai la chance d'&#234;tre entour&#233; de rivi&#232;res, de lacs et de for&#234;ts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plus les ann&#233;es passent, plus la pr&#233;sence de la nature prend de l'importance dans ma cr&#233;ation. Les randonn&#233;es en for&#234;t me sont une source de renouvellement int&#233;rieur et d'apaisement n&#233;cessaire pour trouver un &#233;quilibre psychique f&#233;cond. L'&#233;vocation de la for&#234;t et de ses constituantes devient le support symbolique de mon expression plastique. Non seulement la faune et la flore de notre territoire colonisent toujours davantage mon imaginaire, mais aussi, comme en &#233;cho, la production culturelle des peuples autochtones qui en sont proches. J'invite ici le lecteur &#224; d&#233;couvrir la sensibilit&#233; et le travail extraordinaire de la photographe Louise Tanguay &#224; travers les deux livres qu'elle a publi&#233;s aux &#201;ditions de l'homme, Montr&#233;al, en 2004 et 2005 et qui sont titr&#233;es Natura et Flora. Elle y pr&#233;sente la nature qui m'entoure avec une po&#233;sie extraordinaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_28 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:250px;' &gt;
&lt;img src='http://www.eurocanada.info/local/cache-vignettes/L250xH200/Alma-06c2-web-cbded.jpg' width='250' height='200' alt=&quot;Alma &quot; title=&quot;Alma &quot; style='height:200px;width:250px;' /&gt;&lt;/span&gt;Plastiquement, le choix de ce motif est reli&#233; &#224; la beaut&#233; et &#224; la force des constructions math&#233;matiques du tapis-jardin oriental qui r&#233;interpr&#232;tent sans cesse les bases (tout comme le mandala) du sens esth&#233;tique. Il y a quelque chose de fondamental dans le d&#233;veloppement de ces deux figures embl&#233;matiques de l'art. Et ce n'est pas uniquement une pr&#233;occupation orientale, comme les vitraux des &#233;glises m&#233;di&#233;vales le prouvent amplement, de m&#234;me que la constance de l'engouement occidental pour le tapis d'Orient et les constructions plastiques qui en d&#233;riv&#232;rent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Encore ici, j'invite le lecteur, dans la continuit&#233; de ce propos, &#224; d&#233;couvrir un ouvrage fascinant de l'auteur Alexander Lauterwasser titr&#233; Images sonores d'eau paru aux &#201;ditions M&#233;dicis en 2005. Vous y d&#233;couvrirez &#224; quel point les figures circulaires fondent notre sens du Beau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce th&#232;me du jardin comme lieu mythique d'origine et d'aboutissement ultime, de m&#234;me que la construction plastique de l'oeuvre picturale autour d'un d&#233;veloppement circulaire se sont donc impos&#233;s &#224; moi, tout naturellement, comme des figures embl&#233;matiques de notre humanit&#233; dans notre d&#233;pendance &#224; la nature.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le cercle est une des toutes premi&#232;res repr&#233;sentations du Soi. L'associer symboliquement &#224; la nature dans une construction picturale, appelle donc l'identification. &#192; la r&#233;flexion, s'y ajoute l'id&#233;e du cycle comme une composante in&#233;luctable du manifest&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;On y sent aussi des r&#233;f&#233;rences aux peintres de la contre-culture am&#233;ricaine des ann&#233;es 60 ? Ce moment a-t-il &#233;t&#233; important pour vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si vous faites allusion &#224; Peter Max, Milton Glaser et Peter Schwast, ces artistes qui cr&#233;&#232;rent l'iconographie pr&#233;pond&#233;rante de ces ann&#233;es fertiles en cr&#233;ations de toutes sortes : je ne puis qu'attester leurs importances dans mes r&#233;f&#233;rences esth&#233;tiques. &#201;tant n&#233; en 1951, j'ai absorb&#233; les expressions de la contre-culture am&#233;ricaine comme un nectar des dieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On parle l&#224; de mon adolescence &#224; Montr&#233;al durant les ann&#233;es de la R&#233;volution tranquille qu&#233;b&#233;coise et d'EXPO 67. On parle &#233;galement &#224; la d&#233;ferlante hippie qui fut la premi&#232;re manifestation de la mondialisation en marche. Le succ&#232;s plan&#233;taire des Beatles en a &#233;t&#233; le premier r&#233;v&#233;lateur. On parle de Montr&#233;al, une ville en qu&#234;te d'elle-m&#234;me, ouverte sur le monde et assoiff&#233;e d'alt&#233;rit&#233;. On parle d'une soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise faisant de nouveaux choix et refusant le poids d'un h&#233;ritage contraignant. C'est bien de l&#224; d'o&#249; je viens !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les ann&#233;es 60 furent aussi celles o&#249; j'ai re&#231;u mon h&#233;ritage artistique qu&#233;b&#233;cois. Je veux parler l&#224;, principalement, des trois tr&#232;s grands artistes que furent Paul-&#201;mile Borduas, Jean-Paul Riopelle et Alfred Pellan. Et c'est pratiquement dans cet ordre que leurs h&#233;ritages furent d&#233;pos&#233;s dans ma psych&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; ces trois g&#233;ants de la cr&#233;ation d'ici s'ajout&#232;rent les Paul Klee, Arshile Gorky, Gustav Klimt, Arnold Gotlieb, Vassili Kandinsky, Jean Dubuffet, Friedrich Hundertwasser, Pierre Alechinsky et Valerio Adami, pour ne nommer que les plus importants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parlez-nous justement de votre parcours ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mon initiation &#224; l'art s'est d'abord faite &#224; travers les imprim&#233;s. Puis il s'est poursuivi par les visites de quelques expositions marquantes : une consacr&#233;e &#224; Paul Klee, une autre &#224; Jean Dubuffet, une exposition des grands formats des ann&#233;es cinquante de Jean-Paul Riopelle, une r&#233;trospective consacr&#233;e &#224; l'oeuvre d'Alfred Pellan, ainsi qu'une &#233;blouissante exposition de l'artiste viennois Hundertwasser. Elles ont fix&#233; mon choix de vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rien autour de moi ne manifestait une telle libert&#233;, une telle joie ! Rien ne me questionnait davantage sur ma vie ! L'imaginaire de ces cr&#233;ateurs m'avait ouvert les portes d'une caverne d'Ali Baba. J'&#233;tais &#233;bloui. Foudroy&#233; dans une Pentec&#244;te multiforme et joyeuse qui interpelait tout mon &#234;tre, j'ai donc suivi cette voie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; la fin de mes &#233;tudes universitaires, j'exp&#233;rimentais un langage plastique &#224; cheval entre l'Arte Povera italien et le Support-surface fran&#231;ais. Mon travail fut s&#233;lectionn&#233; pour une Biennale nationale au d&#233;but des ann&#233;es 80. Je jouais des formes et des couleurs en toute libert&#233;. Mais je souffrais que mon propos ne puisse &#234;tre int&#233;gr&#233; qu'&#224; l'univers mental de peu de mes contemporains. Je voulais partager ma lecture du monde avec de nombreuses autres sensibilit&#233;s. L'artologie (un terme propos&#233; par l'historien Yves Robillard qui pr&#233;sentait, dans les ann&#233;es 70, l'art comme une science) n'&#233;tait d&#233;cid&#233;ment pas pour moi !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Donner comme j'avais re&#231;u et cr&#233;er un art qui me relierait &#224; la totalit&#233; de l'humanit&#233;, voil&#224; qui me semblait ma raison d'&#234;tre. Je voulais participer &#224; cette communion de sensibilit&#233;s, &#224; cette transmission de la joie cr&#233;atrice.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai donc suivi la fili&#232;re de l'enseignement des arts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ayant obtenu mon dipl&#244;me universitaire et n'ayant plus acc&#232;s aux bourses d'&#233;tudes, il me fallait chercher une voie o&#249; pouvait s'exprimer mon intelligence cr&#233;atrice. Il fallait qu'elle soit en harmonie avec mon exp&#233;rience, ma r&#233;flexion et mes besoins. Le march&#233; de l'art qu&#233;b&#233;cois ne pouvait soutenir tous les cr&#233;ateurs que l'institution universitaire dipl&#244;mait aveugl&#233;ment. L'illustration &#233;ditoriale (qui commente un texte ou en donne une relecture) s'est impos&#233;e comme un choix coh&#233;rent. Pendant quelques ann&#233;es, j'ai appris ce m&#233;tier, tout en l'adaptant &#224; mes n&#233;cessit&#233;s int&#233;rieures.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un jour, au d&#233;but des ann&#233;es 80, j'ai v&#233;cu une nouvelle Pentec&#244;te. J'ai compris &#224; ce moment que, pour moi, la repr&#233;sentation symbolique est l'essence m&#234;me de l'art et que les all&#233;gories qui d&#233;coulent de la mise en relation des symboles tissent un v&#233;ritable langage. Je red&#233;couvrais le sens de l'Art dans ce qu'il a de plus fondamental.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Soutenu par une &#233;quipe d'intellectuels montr&#233;alais oeuvrant &#224; un magazine transculturel du nom de ViceVersa, j'ai graduellement d&#233;velopp&#233; mon langage pictural, puis pr&#233;sent&#233; mon travail dans des concours de publications sp&#233;cialis&#233;es canadiennes et am&#233;ricaines. Les prix et les s&#233;lections se sont encha&#238;n&#233;s. Ils m'ont fait conna&#238;tre sur le continent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment caract&#233;risierez-vous votre d&#233;marche ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_29 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:200px;' &gt;
&lt;img src='http://www.eurocanada.info/local/cache-vignettes/L200xH200/SnowOwlSquare-web-b9c51.jpg' width='200' height='200' alt=&quot; Huard des neiges&quot; title=&quot; Huard des neiges&quot; style='height:200px;width:200px;' /&gt;&lt;/span&gt;Mon art tente, d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, de faire des ponts symboliques, noum&#233;naux, entre les choses conceptualis&#233;es, entre les mondes pens&#233;s par le biais du sensible. Les corpus culturels iconographiques repr&#233;sentent des entit&#233;s extraordinairement riches de ferments pour mon imaginaire. Les int&#233;grer et les relier &#224; ma relecture du monde me procure un sentiment de pl&#233;nitude et de satisfaction profonde. Cette qu&#234;te de beaut&#233; et d'unit&#233; est en r&#233;alit&#233; une qu&#234;te religieuse, en ce sens qu'elle sert &#224; me relier &#224; l'Humanit&#233; dans sa diversit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mon entreprise artistique ne vise &#233;videmment pas &#224; niveler les diff&#233;rences qui sont source de richesse collective. L'ethnosph&#232;re (un mot-concept d&#233;velopp&#233; par le chercheur canadien Wade Davis qui recouvre l'ensemble de la production culturelle humaine) s'appauvrit d&#233;j&#224; dramatiquement sans qu'on l'y aide. Il s'agit plut&#244;t de relier le pass&#233; au pr&#233;sent en reconnaissant mon humanit&#233; dans l'alt&#233;rit&#233; et en honorant ceux qui m'ont pr&#233;c&#233;d&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Beaucoup d'artistes trouvent leur inspiration dans la nature qui les entoure, certains la trouvent dans l'instrumentalisation technologique de la soci&#233;t&#233; et son corollaire qui est l'id&#233;e de progr&#232;s, certains dans la vision scientifique, d'autres dans une qu&#234;te de soi, certains encore dans une vision religieuse du monde, d'autres encore s'inspirent des objets et du discours de l'Art. Pour ma part je n'exclus rien, tout cela est source d'inspiration et moteur de ma cr&#233;ation. Je vois l'humanit&#233; dans son d&#233;veloppement technologique et culturel comme &#233;tant un ph&#233;nom&#232;ne naturel issu du processus de complexification inscrit dans la nature m&#234;me du vivant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nature et Culture sont, pour moi, une m&#234;me chose. M'abreuver &#224; ses sources est n&#233;cessaire pour retrouver le fils conducteur de la Pens&#233;e cr&#233;atrice.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; travers mes oeuvres, j'essaie d'exprimer cette vision holistique en tra&#231;ant des ponts symboliques entre les territoires mentaux que nous avons colonis&#233;s de notre imaginaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'un point de vue technique, mes oeuvres oscillent entre une ex&#233;cution traditionnelle sur toile ou sur papier, et une &#233;laboration qui assemble les techniques classiques aux techniques num&#233;riques pour aboutir &#224; des estampes num&#233;riques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certaines de mes oeuvres, depuis quelque temps, int&#232;grent des th&#233;matiques li&#233;es &#224; la faune et &#224; la flore qu&#233;b&#233;coises. Je m'inspire, pour ces repr&#233;sentations, des iconographies de l'art des peuples autochtones du Qu&#233;bec que j'interpr&#232;te et associe stylistiquement &#224; mon travail. Les images qui en r&#233;sultent se veulent un rappel de la beaut&#233; de la nature et de notre interd&#233;pendance avec notre environnement, tout en t&#233;moignant de mon &#233;merveillement face &#224; l'imaginaire humain et &#224; l'Intelligence cr&#233;atrice de la Vie qui est manifest&#233;e par le grand &#233;cosyst&#232;me dont nous faisons partie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mon art renoue, encore l&#224;, avec le religieux ; en ce sens qu'il cherche &#224; relier symboliquement ce que nous concevons comme s&#233;par&#233; et tente d'offrir une vision holistique dans chacune de ses expressions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un de mes projets les plus r&#233;cents est une s&#233;rie de vingt images autour d'un conte nordique qui sera publi&#233; comme livre d'artiste et qui deviendra un ensemble de gravures num&#233;riques &#224; tirage limit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un autre est un projet de cr&#233;ation d'une trentaine d'oeuvres num&#233;riques de grands formats inspir&#233;es du th&#232;me du tapis-jardin. Tout en empruntant la structure du tapis-jardin, ces oeuvres en pr&#233;senteront une relecture inspir&#233;e de la for&#234;t bor&#233;ale. Ce corpus d'oeuvres sera expos&#233;, entre autres, en 2011 au Mus&#233;e r&#233;gional de Vaudreuil-Soulanges.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre travail est proche du peintre. Quelles distinctions feriez-vous entre le statut du peintre et de l'illustrateur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, je n'en vois pas d'essentielle dans leurs r&#244;les. Ces artistes mod&#232;lent noum&#233;nalement l'imaginaire humain par le biais de l'image fixe. Tous deux travaillent pour des march&#233;s qui ont leurs lois : m&#234;me si celles-ci ne sont jamais &#233;crites. Ce qui est primordial &#224; mes yeux, c'est la conscience qui sous-tend l'oeuvre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quant &#224; leurs statuts respectifs, je dirais que l'illustrateur serait consid&#233;r&#233; par l'Institution culturelle comme un artiste populaire et l'artiste visuel &#171; contemporain &#187; comme un intellectuel oeuvrant pour une &#233;lite. Ainsi va le monde de l'Art.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'illustration est d'embl&#233;e un objet transculturel et mondialis&#233; puisque comme la musique, son langage est imm&#233;diatement perceptible par les sens... votre commentaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La comparaison avec la musique populaire sous toutes ses formes me semble parfaitement justifi&#233;e. Cependant, ce n'est pas uniquement une affaire de sensualit&#233; ou de r&#233;ceptivit&#233; sensorielle. Il s'agirait plut&#244;t, pour le cr&#233;ateur comme pour le public, de r&#233;ceptivit&#233; globale ; de perm&#233;abilit&#233; psychique ; d'adaptabilit&#233; mentale et d'intelligence dans le sens d'&#234;tre en intelligence avec son milieu, son environnement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne faut pas oublier que Bach, Mozart, Haydin, Vivaldi, Beethoven et combien d'autres classiques &#233;taient tous des artistes populaires &#224; leurs &#233;poques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mon art, tendu par mon d&#233;sir, cherche l'universalit&#233;. Communiquer devient communier &#224; une vision que je voudrais partager avec le plus grand nombre. J'aime profond&#233;ment la Vie toujours cr&#233;atrice. J'admire les oeuvres de ceux qui s'y donnent et la servent, quelles que soient leurs origines. J'esp&#232;re que l'art qui sort de mes mains en toute co-naissance sera accueilli de plus en plus largement ici chez moi et outre-fronti&#232;res avec le m&#234;me esprit d'&#233;merveillement qui l'a fait na&#238;tre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme vous pouvez sans doute le d&#233;duire de mes propos, l'art est pour moi une pri&#232;re. Sa pratique rel&#232;ve du sacr&#233;. Il est un appel &#224; ce que chacun porte de plus beau, de plus sain et de plus vrai.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment r&#233;agissent les amateurs des diverses parties du monde &#224; votre travail ? Qu'en disent-ils au-del&#224; des compliments d'usage ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Disons que par le pass&#233;, plusieurs de mes images ont voyag&#233; &#224; travers le monde sous forme de couvertures de livres, de rapports annuels d'entreprises internationales et autres imprim&#233;s. Certaines, parfois anciennes, continuent &#224; enluminer divers documents. D'autres encore se sont retrouv&#233;es dans des publications prestigieuses qui ornent toujours les rayons des biblioth&#232;ques. Certaines sont la possession de divers collectionneurs &#233;trangers. Cela peut donc &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un t&#233;moignage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quant au discours public sur mon art, il pourrait se r&#233;sumer en quelques phrases clefs : La puissance d'&#233;vocation des images ancr&#233;es dans les racines primitives tout en s'inscrivant dans la contemporan&#233;it&#233; fascine. Une oeuvre hors cat&#233;gories. Un discours diff&#233;rent sur notre rapport &#224; l'Art et au Monde. Une forme nouvelle de l'orientalisme dans l'art qu&#233;b&#233;cois. Une oeuvre &#224; cheval entre l'abstraction et la figuration. Une tentative de synth&#232;se entre l'Orient et l'Occident.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ayant tendance &#224; privil&#233;gier le regard sensible de l'artiste, j'ajoute &#224; ces quelques mots un texte qui m'a touch&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; propos de L'ESPRIT DE L'OISEAU ou ICARE DEVIENT PH&#201;NIX, une exposition en duo avec Annouchka Gravel Galouchko, la grande romanci&#232;re qu&#233;b&#233;coise Marie-Claire Blais &#233;crivait ce qui suit en guise d'allocution de pr&#233;sentation :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'Esprit de l'Oiseau, Icare devient Ph&#233;nix, le titre de cette exposition d'Annouchka Gravel Galouchko et St&#233;phan Daigle, est la merveilleuse d&#233;couverte et invention de ces deux grands artistes, de r&#233;putation internationale, mais qui ne vivent que pour leur art, modestement, et presque en secret, dans leurs ateliers o&#249; s'unissent dans une exploration cr&#233;atrice sans rel&#226;che, leurs sensibilit&#233;s modernes, ouvertes &#224; tous les mondes symboliques, et all&#233;gories, comme on le voit dans ces tableaux de St&#233;phan Daigle, des cerfs, des chevaux, dans des for&#234;ts encore intactes, lesquels sont inspir&#233;s par l'art autochtone, ou ce fascinant esprit de l'oiseau que peint Annouchka Gravel, repr&#233;sentant la solitude de l'esprit s'&#233;levant vers la lumi&#232;re, dans une danse de feu tr&#232;s contemporaine, ces deux artistes, dans le choix des multiples variations de leur art nous offrent une extraordinaire vision de leur univers int&#233;rieur hant&#233; par les pr&#233;occupations de la survie de notre Terre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;O&#249; en &#234;tes-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'int&#233;gration du num&#233;rique dans ma palette d'outils a ouvert de nouvelles possibilit&#233;s sur diff&#233;rents plans. Ma flamme cr&#233;atrice s'en est trouv&#233;e aviv&#233;e. Les images mentales, qui d&#233;j&#224; m'habitaient il y a dix ans, prennent formes virtuellement et mat&#233;riellement. Ce qui met en lumi&#232;re le fait que toute r&#233;alit&#233; est d'abord noum&#233;nale avant d'&#234;tre ph&#233;nom&#233;nale. Ou, dans une formulation diff&#233;rente, qu'il nous faille r&#234;ver l'avenir pour pouvoir focaliser les &#233;nergies n&#233;cessaires &#224; sa r&#233;alisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour en revenir &#224; ma d&#233;marche : disons que mes oeuvres sont de plus en plus command&#233;es uniquement par des n&#233;cessit&#233;s int&#233;rieures et qu'en m&#234;me temps elles doivent trouver un march&#233; pour soutenir leur cr&#233;ation. Cela m'am&#232;ne &#224; envisager plusieurs avenues.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'une part, mes images font et feront l'objet d'expositions de plus en plus fr&#233;quentes : souvent accompagn&#233;es des oeuvres de ma compagne spirituelle et de vie, Annouchka Gravel Galouchko. J'entends donc poursuivre dans cette voie et proposer des projets d'exposition &#224; diff&#233;rentes institutions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'autre part, les facteurs &#233;conomiques inh&#233;rents au Qu&#233;bec m'am&#232;nent &#224; consid&#233;rer la cr&#233;ation d'une maison d'&#233;dition d'images. Elle devrait soutenir la diffusion de mon art et celui d'Annouchka en g&#233;n&#233;rant des revenus permettant de poursuivre nos d&#233;marches de cr&#233;ation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai pour projet, aussi, la cr&#233;ation d'oeuvres tridimensionnelles qui int&#233;greront les derniers d&#233;veloppements de mon travail tout en y ajoutant une strate de sens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voil&#224; donc o&#249; j'en suis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre actualit&#233; en Europe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour ce qui est de l'illustration, il y a quelques tentatives de collaborations avec des maisons de cr&#233;ations prestigieuses dont j'attends des confirmations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quant &#224; de possibles expositions en solo ou en duo, Nous sommes ouverts aux propositions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je vous invite &#224; visiter nos sites et blogues pour en d&#233;couvrir davantage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.stephandaigle.com/' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;www.stephandaigle.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.illustrationquebec.com/stephandaigle' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;www.illustrationquebec.com/s...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.images.com/artist/stephan-daigle' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;www.images.com/artist/stepha...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://stephandaigle.blogspot.com/' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;http://stephandaigle.blogspot.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://annouchkagravelgalouchko.blogspot.com/' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;http://annouchkagravelgalouchko.blo...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.annouchka.ca/' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;www.annouchka.ca&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>G-20. Le sommet de la derni&#232;re chance</title>
		<link>http://www.eurocanada.info/spip.php?article141</link>
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		<dc:date>2009-04-01T09:36:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franck Bianchieri</dc:creator>

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		<description>Nous reprenons ici la lettre ouverte adress&#233;e aux dirigeants des pays du G-20 par Franck Bianchieri, pr&#233;sident de Newropeans. Cette lettre a &#233;t&#233; publi&#233;e dans le Financial Times le 24 mars 2009 Mesdames, Messieurs, Il vous reste moins d'un semestre pour &#233;viter que la plan&#232;te s'enfonce dans une crise dont elle mettra plus d'une d&#233;cennie &#224; sortir, avec un terrible cort&#232;ge de malheurs et de souffrance. Cette lettre ouverte de LEAP/E2020, qui d&#232;s F&#233;vrier 2006 avait annonc&#233; (...)

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&lt;a href="http://www.eurocanada.info/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;Capital&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous reprenons ici la lettre ouverte adress&#233;e aux dirigeants des pays du G-20 par Franck Bianchieri, pr&#233;sident de Newropeans. Cette lettre a &#233;t&#233; publi&#233;e dans le Financial Times le 24 mars 2009&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mesdames, Messieurs,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il vous reste moins d'un semestre pour &#233;viter que la plan&#232;te s'enfonce dans une crise dont elle mettra plus d'une d&#233;cennie &#224; sortir, avec un terrible cort&#232;ge de malheurs et de souffrance. Cette lettre ouverte de LEAP/E2020, qui d&#232;s F&#233;vrier 2006 avait annonc&#233; l'imminence d'une &#171; crise syst&#233;mique globale &#187;, veut tenter de vous indiquer bri&#232;vement pourquoi il en est ainsi, et comment &#233;viter cela.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, si vous avez commenc&#233; &#224; soup&#231;onner l'ampleur de la crise il y a moins d'un an, c'est d&#232;s F&#233;vrier 2006, dans la 2&#176; &#233;dition de son &#171; Global Europe Anticipation Bulletin &#187; (GEAB), que LEAP/E2020 avait annonc&#233; que le monde entrait dans la &#171; phase de d&#233;clenchement &#187; d'une crise d'ampleur historique. Et depuis cette date, LEAP/E2020 a continu&#233;, chaque mois, &#224; anticiper d'une mani&#232;re tr&#232;s fiable les &#233;volutions de la crise dans laquelle le monde entier se d&#233;bat d&#233;sormais. Ce qui nous conduit &#224; vous &#233;crire cette lettre ouverte dont nous esp&#233;rons qu'elle &#233;clairera vos choix dans quelques jours.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et cette crise s'aggrave dangereusement. R&#233;cemment, &#224; l'occasion de la 32&#176; &#233;dition de son bulletin, LEAP/E2020 a ainsi lanc&#233; une alerte tr&#232;s importante qui vous concerne directement, vous les dirigeants du G20 : si, r&#233;unis &#224; Londres le 2 Avril prochain, vous n'&#234;tes pas capables d'adopter des d&#233;cisions audacieuses et innovantes en vous concentrant sur l'essentiel, et d'entamer leur mise en oeuvre d'ici l'&#233;t&#233; 2009, alors la crise entrera &#224; la fin de cette ann&#233;e dans la phase de &#171; dislocation g&#233;opolitique g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#187; qui affectera tout autant le syst&#232;me international que la structure m&#234;me des grandes entit&#233;s politiques comme les Etats-Unis, la Russie, la Chine ou l'UE. Et vous ne contr&#244;lerez alors plus rien pour le malheur des six milliards d'habitants de notre plan&#232;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Votre choix : une crise de 3 &#224; 5 ans ou un crise de plus d'une d&#233;cennie ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;H&#233;las, comme rien ne vous a pr&#233;par&#233; &#224; affronter une crise d'une telle ampleur historique, jusqu'&#224; pr&#233;sent, vous ne vous &#234;tes occup&#233;s que des sympt&#244;mes ou des causes secondaires. Vous avez pens&#233; qu'il suffisait d'ajouter de l'essence ou de l'huile au moteur mondial, sans vous rendre compte qu'il &#233;tait tout simplement cass&#233;, sans espoir de r&#233;paration. C'est un nouveau moteur qu'il faut construire. Et le temps presse car chaque mois qui passe d&#233;t&#233;riore un peu plus l'ensemble du syst&#232;me international.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme dans toute crise majeure, il faut aller &#224; l'essentiel. Comme dans toute crise de dimension historique, le seul choix est entre entreprendre au plus vite des changements radicaux et raccourcir consid&#233;rablement la dur&#233;e de la crise et ses cons&#233;quences tragiques ; ou au contraire refuser les changements radicaux en tentant de sauvegarder l'existant, pour ne r&#233;ussir qu'&#224; prolonger durablement la crise et accro&#238;tre toutes ses cons&#233;quences n&#233;gatives. A Londres, le 2 Avril prochain, vous aurez ainsi le choix entre r&#233;soudre la crise en 3 &#224; 5 ans d'une mani&#232;re organis&#233;e ; ou bien au contraire, entra&#238;ner la plan&#232;te dans une d&#233;cennie terrible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous nous bornerons donc ici &#224; mettre en avant trois conseils que nous consid&#233;rons comme strat&#233;giques, c'est-&#224;-dire, que pour LEAP/E2020, s'ils ne sont pas mis en oeuvre d'ici l'&#233;t&#233; 2009, la dislocation g&#233;opolitique mondiale deviendra in&#233;vitable &#224; partir de la fin de cette ann&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;LES 3 CONSEILS DE LEAP/E2020&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1. La cl&#233; de la crise, c'est la cr&#233;ation d'une nouvelle devise internationale de r&#233;f&#233;rence !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le premier conseil se r&#233;sume &#224; une id&#233;e tr&#232;s simple : la cl&#233; de la crise actuelle se trouve dans la r&#233;forme du syst&#232;me mon&#233;taire international h&#233;rit&#233; de l'apr&#232;s-1945 afin de cr&#233;er une nouvelle devise internationale de r&#233;f&#233;rence. Le Dollar am&#233;ricain et l'&#233;conomie des Etats-Unis ne sont plus en mesure d'&#234;tre les piliers de l'ordre &#233;conomique, financier et mon&#233;taire mondial. Tant que ce probl&#232;me strat&#233;gique n'est pas abord&#233; directement, puis trait&#233;, la crise s'approfondira car il est au coeur des crises des produits financiers d&#233;riv&#233;s, des banques, des prix de l'&#233;nergie, &#8230; et de leurs cons&#233;quences en terme de ch&#244;mage massif et de baisses des niveaux de vie. Il est donc vital que cette question soit l'objet principal du Sommet du G20 de Londres et que les premiers &#233;l&#233;ments de solution y soient lanc&#233;s. La solution &#224; ce probl&#232;me est d'ailleurs bien connue : il s'agit de cr&#233;er une devise de r&#233;f&#233;rence internationale (qu'on pourrait appeler le &#171; Global &#187;) fond&#233;e sur un panier de monnaies correspondant aux principales &#233;conomies de la plan&#232;te, &#224; savoir le Dollar US, l'Euro, le Yen, le Yuan, le Khaleel (monnaie commune des etats p&#233;troliers du Golfe qui sera lanc&#233;e au 1&#176; Janvier 2010), le Rouble, le Real, &#8230; . et de faire g&#233;rer cette devise par un &#171; Institut Mon&#233;taire Mondial &#187;, dont le Conseil d' Administration refl&#232;te les poids respectifs des monnaies composant le &#171; Global &#187;. Vous devez demander au FMI et aux banques centrales concern&#233;es de pr&#233;parer un tel plan pour Juin 2009 avec objectif de mise en oeuvre au 1&#176; Janvier 2010. C'est votre seul moyen de reprendre l'initiative sur le temps de d&#233;roulement de la crise. Et c'est le seul moyen de concr&#233;tiser la mise en oeuvre d'une globalisation partag&#233;e, en en partageant la monnaie qui est au coeur de toute activit&#233; &#233;conomique et financi&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Selon LEAP/E2020, si une telle alternative au syst&#232;me actuel en plein effondrement n'a pas commenc&#233; &#224; &#234;tre pr&#233;par&#233;e d'ici l'&#233;t&#233; 2009, d&#233;montrant qu'il existe une autre voie que le &#171; chacun pour soi &#187;, le syst&#232;me mon&#233;taire international actuel ne passera pas l'&#233;t&#233;. Et si certains Etats du G20 pensent qu'il vaut mieux garder le plus longtemps les privil&#232;ges que leur procure le statu quo, ils devraient m&#233;diter sur le fait qu'aujourd'hui ils peuvent encore influencer de mani&#232;re d&#233;cisive la forme que prendra ce nouveau syst&#232;me mon&#233;taire mondial. Une fois la phase de dislocation g&#233;opolitique entam&#233;e, ils perdront au contraire toute aptitude &#224; le faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2. Contr&#244;lez l'ensemble des banques au plus vite !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le second conseil est d&#233;j&#224; largement &#233;voqu&#233; dans les discussions pr&#233;alables &#224; votre r&#233;union. Il devrait &#234;tre donc ais&#233; de l'adopter. Il s'agit de mettre en place d'ici la fin 2009 un syst&#232;me de contr&#244;le des banques &#224; l'&#233;chelle mondiale qui supprime tout &#171; trou noir &#187;. Plusieurs options vous sont d&#233;j&#224; propos&#233;es par les experts. Tranchez d&#232;s maintenant. Nationalisez au plus vite quand il le faut ! C'est en tout cas le seul moyen de pr&#233;venir un nouvel endettement massif des &#233;tablissements financiers comme celui qui a contribu&#233; &#224; la crise actuelle ; et de montrer aux opinions publiques que vous &#234;tes cr&#233;dibles face aux banquiers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3. Faites &#233;valuer au plus vite par le FMI les syst&#232;mes financiers US, britannique et suisse !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le troisi&#232;me conseil touche &#224; nouveau une question tr&#232;s sensible politiquement qui pourtant est incontournable. Il est indispensable que le FMI remette au G20, au plus tard, en Juillet 2009, une &#233;valuation ind&#233;pendante des trois syst&#232;mes financiers nationaux au coeur de la crise financi&#232;re : ceux des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la Suisse. Aucune solution durable ne pourra en effet &#234;tre efficacement mise en oeuvre tant que personne n'a la moindre id&#233;e des ravages caus&#233;s par la crise dans ces trois piliers du syst&#232;me financier mondial. Et il n'est plus temps de &#171; prendre des gants &#187; avec des pays qui sont au coeur du chaos financier actuel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ecrivez un communiqu&#233; simple et bref !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour terminer, nous nous permettrons seulement de rappeler que vous avez d&#233;sormais &#224; restaurer la confiance chez 6 milliards de personnes, et des dizaines de millions d'institutions publiques et priv&#233;es. Alors, n'oubliez pas de r&#233;diger un communiqu&#233; court, qui ne fasse pas plus de deux pages, qui ne contienne pas plus de trois ou quatre id&#233;es centrales et qui soit lisible par des non-experts. Sinon, vous ne serez pas lu hors du cercle &#233;troit des sp&#233;cialistes et vous ne pourrez donc pas ressusciter la confiance du plus grand nombre condamnant ainsi la crise &#224; s'aggraver. Si cette lettre ouverte vous aide &#224; sentir que l'Histoire vous jugera pour ce que vous aurez r&#233;ussi &#224; faire ou pas lors de ce Sommet, alors elle n'aura pas &#233;t&#233; inutile. Sachez simplement, que selon LEAP/E2020, vos peuples respectifs n'attendront pas plus d'une ann&#233;e pour vous juger. Une chose est n&#233;anmoins certaine : cette fois-ci vous ne pourrez pas dire que vous n'avez pas &#233;t&#233; pr&#233;venu !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Franck Biancheri
Directeur des Etudes de LEAP/E2020
Pr&#233;sident de Newropeans&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Fernand Dumont, un livre sur son oeuvre &#224; la Librairie du Qu&#233;bec</title>
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<category domain="http://www.eurocanada.info/spip.php?rubrique8">Agenda</category>


		<description>Nos v&#233;rit&#233;s d'intellectuels sont-elles aussi pures, aussi d&#233;sint&#233;ress&#233;es qu'elles le pr&#233;tendent ou le supposent ? Le jeudi 26 mars 2009 &#224; 19 h, les chercheurs Serge Cantin et Marjolaine Desch&#234;nes pr&#233;senteront &#224; l'occasion de la parution aux Presses de l'Universit&#233; Laval de l'acte de colloque Nos v&#233;rit&#233;s sont-elles pertinentes ?- L'oeuvre de Fernand Dumont en perspective - 30, rue Gauy-Lussac, 75005 Paris D'o&#249; tenons-nous &#8211; nous (...)

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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nos v&#233;rit&#233;s d'intellectuels sont-elles aussi pures, aussi d&#233;sint&#233;ress&#233;es qu'elles le pr&#233;tendent ou le supposent ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le jeudi 26 mars 2009 &#224; 19 h, les chercheurs Serge Cantin et Marjolaine Desch&#234;nes pr&#233;senteront &#224; l'occasion de la parution aux Presses de l'Universit&#233; Laval de l'acte de colloque &lt;i&gt;Nos v&#233;rit&#233;s sont-elles pertinentes ?- L'oeuvre de Fernand Dumont en perspective -&lt;/i&gt; &lt;/i&gt;
30, rue Gauy-Lussac, 75005 Paris&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'o&#249; tenons-nous &#8211; nous philosophes, sociologues, historiens, th&#233;ologiens &#8211; le droit d'inter&#173;pr&#233;ter l'homme ? Qu'est-ce qui fonde et l&#233;gitime le travail des sciences de l'homme ? Quelle est la pertinence de cette &#233;trange entreprise de connaissance objective de l'homme par lui-m&#234;me propre &#224; la moder&#173;nit&#233; ? Quelle finalit&#233;, avou&#233;e ou secr&#232;te, poursuit-elle ? Et qu'apporte-t-elle en d&#233;finitive aux existants que nous sommes par-dessus tout ? Tout ce savoir anthropologique nous aide-t-il &#224; mieux vivre, individuellement et collectivement ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Autant d'interrogations que suscite l'&#339;uvre de Fernand Dumont et auxquelles font librement &#233;cho la trentaine d'auteurs ici r&#233;unis. Leurs textes &#8211; issus d'un colloque international tenu &#224; l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Trois-Rivi&#232;res en mai 2007 &#8211; t&#233;moignent, dans leur diversit&#233; m&#234;me, de la richesse et de la f&#233;condit&#233; de la recherche qu'a men&#233;e pendant pr&#232;s de cinquante ans l'un de nos plus grands penseurs qu&#233;b&#233;cois, n&#233; le 24 juin 1927 &#224; Montmorency, face &#224; l'&#238;le d'Orl&#233;ans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Libre-&#233;change Qu&#233;bec-Europe : des accords de mobilit&#233; de la main d'&#339;uvre sur fond de discrimination</title>
		<link>http://www.eurocanada.info/spip.php?article139</link>
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		<dc:date>2009-03-11T10:50:09Z</dc:date>
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		<dc:creator>Alykhanhthi Lynhiavu</dc:creator>

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		<description>Dans le cadre d'un projet de libre-&#233;change entre le Qu&#233;bec et l'Europe, le premier ministre Jean Charest souhaite la mise en &#339;uvre d'accords de mobilit&#233; de la main d'&#339;uvre, mais sans se questionner sur les incoh&#233;rences d'un syst&#232;me qui n'arrive pas &#224; int&#233;grer ses immigrants. En raison des nombreux d&#233;parts &#224; la retraite, le gouvernement du Qu&#233;bec a pr&#233;vu 700 000 emplois &#224; pourvoir en 2011. Lanc&#233; en 2008 dans cette perspective, le &#171; Pacte pour (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le cadre d'un projet de libre-&#233;change entre le Qu&#233;bec et l'Europe, le premier ministre Jean Charest souhaite la mise en &#339;uvre d'accords de mobilit&#233; de la main d'&#339;uvre, mais sans se questionner sur les incoh&#233;rences d'un syst&#232;me qui n'arrive pas &#224; int&#233;grer ses immigrants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En raison des nombreux d&#233;parts &#224; la retraite, le gouvernement du Qu&#233;bec a pr&#233;vu 700 000 emplois &#224; pourvoir en 2011. Lanc&#233; en 2008 dans cette perspective, le &#171; Pacte pour l'emploi &#187; est destin&#233; &#224; inciter les ch&#244;meurs et les prestataires de l'aide sociale &#224; acqu&#233;rir une nouvelle formation et &#224; retourner sur le march&#233; du travail. Sa vis&#233;e est aussi de &#171; lever les obstacles &#224; l'embauche des nouveaux arrivants &#187;, le Qu&#233;bec comptant augmenter le seuil d'immigration de 45 000 &#224; 55 000 en 2010 pour combler les besoins grandissants de main d'oeuvre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un enjeu majeur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'enjeu est de taille. Mais d'ores et d&#233;j&#224; on peut relever un obstacle majeur : les dimensions du racisme dans l'emploi. Car les chiffres sont &#233;loquents : au sein de la population qu&#233;b&#233;coise, la proportion du ch&#244;mage chez les Maghr&#233;bins d'origine et les Noirs est de 29%, comparativement &#224; un taux g&#233;n&#233;ral de 7%. Sachant qu'une proportion importante des immigrants r&#233;cents fait partie des minorit&#233;s visibles ; que, d'ici 2011, la croissance nette de la population active se fera presque uniquement &#224; travers l'immigration et que &#171; le succ&#232;s de la politique d'immigration est &#233;troitement li&#233; &#224; celui de l'int&#233;gration des personnes immigrantes &#187;, il convient d'interroger le gouvernement sur les dispositions qu'il compte prendre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nacer X., un Qu&#233;b&#233;cois d'origine maghr&#233;bine qui r&#233;side au Qu&#233;bec depuis 20 ans, s'est inscrit en septembre 2008 dans un programme de formation de deux mois d'agent de s&#233;curit&#233; priv&#233;e subventionn&#233; par Emploi-Qu&#233;bec. Il se retrouve &#224; la fin de son programme de formation sans stage, le stage non r&#233;mun&#233;r&#233; de deux semaines faisant partie de la formation. Dans les faits, les 6 &#233;tudiants noirs et les 3 &#233;tudiants arabes qui constituaient plus de la moiti&#233; de la promotion, n'ont trouv&#233; ni stage ni emploi, contrairement aux 8 &#233;tudiants qu&#233;b&#233;cois blancs. Le centre de formation se vantant &#171; d'une relation privil&#233;gi&#233;e avec les agences de s&#233;curit&#233; &#187; et d'un taux de placement de 100 %, le groupe d'&#233;tudiants noirs et arabes s'est senti en droit de s'interroger sur cette situation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Minist&#232;re de l'Emploi et de la Solidarit&#233; Sociale (MESS) demande-t-il des comptes aux &#233;coles de formation auxquelles il alloue des subventions importantes pour la formation professionnelle ? Questionne-t-il l'&#233;cole et ses pratiques quand certains &#233;tudiants subventionn&#233;s ne trouvent pas d'emploi ou de stage et qu'ils sont tous Noirs ou Arabes ? Dans ces circonstances, est-il normal que des subventions destin&#233;es aussi &#224; l'int&#233;gration des minorit&#233;s victimes du racisme continuent &#224; &#234;tre vers&#233;es &#224; ces centres de formation dont seuls les Qu&#233;b&#233;cois de souche b&#233;n&#233;ficient en d&#233;finitive ? Ainsi, se perp&#233;tue le racisme dans l'emploi, avec l'investissement financier du MESS et du Minist&#232;re de l'Immigration et des Communaut&#233;s Culturelles (MICC).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a d'innombrables &#171; &#233;trangers &#187; dans la situation de Nacer X. Celui-ci, appuy&#233; par le CRARR, un organisme de lutte contre le racisme, n'a pas trouv&#233; d'autres moyens de faire valoir ses droits qu'en d&#233;posant une plainte &#224; la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La lutte contre le racisme exige expertise et engagement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une &#233;tude de l'Observatoire international sur le racisme et les discriminations, pr&#233;sent&#233;e en 2008 &#224; l'ACFAS par les sociologues Rachad Antonius et Jean-Claude Icart, souligne l'existence de profils de pauvret&#233; tr&#232;s nettement diff&#233;renci&#233;s, selon qu'on soit immigrant ou non. La pauvret&#233; dans la population d'origine immigr&#233;e est corr&#233;l&#233;e &#224; des personnes appartenant &#224; des m&#233;nages biparentaux au capital culturel &#233;lev&#233;, mais le gouvernement &#233;labore ses programmes de lutte contre la pauvret&#233; et le ch&#244;mage d'apr&#232;s un &#171; profil type &#187;, relatif &#224; la majorit&#233; qu&#233;b&#233;coise, selon lequel la pauvret&#233; est associ&#233;e &#224; des familles monoparentales et &#224; des personnes peu scolaris&#233;es. Les programmes &#233;tablis sur ce diagnostic ne sont donc pas adapt&#233;s aux populations immigrantes &#8211; qui recoupent en grande partie les groupes victimes du racisme &#8211; et ils contribuent donc &#224; l'exclusion syst&#233;mique de ces derni&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au regard des pr&#233;visions, on r&#233;alise l'enjeu social, culturel et &#233;conomique de l'int&#233;gration en emploi des nouveaux arrivants. S'il y a parfois une collaboration &#233;troite entre le MICC et le MESS dans l'&#233;laboration des programmes, une diff&#233;rence subsiste dans leur mani&#232;re d'appr&#233;hender les sans emploi appartenant aux groupes vis&#233;s. Deux minist&#232;res qui raisonnent selon deux paradigmes divergents. Tandis que le MICC consid&#232;re les barri&#232;res syst&#233;miques dans son plan d'action 2008-2013, &#171; La diversit&#233; : une valeur ajout&#233;e &#187;, et tient compte de l'existence d'un processus d'exclusion ou de disqualification des immigrants r&#233;cents par &#233;tiquetage ou stigmatisation, l'am&#233;nagement des politiques du MESS renvoie, en derni&#232;re instance, &#224; la responsabilit&#233; de chacun de sortir de sa condition de sans emploi. Ainsi, sur le site d'Emploi-Qu&#233;bec, le MESS met &#224; disposition des outils de &#171; simulations de revenus disponibles &#187; gr&#226;ce auxquels &#171; le prestataire de l'aide financi&#232;re de dernier recours &#187; peut se figurer &#171; les avantages financiers &#224; suivre un cheminement le menant &#224; int&#233;grer le march&#233; du travail &#187;. En somme, les barri&#232;res qui emp&#234;chent l'individu de se sortir du non emploi seraient celles qu'il s'imposerait lui-m&#234;me, selon les notions du libre arbitre et du m&#233;rite. On voit ici que la situation v&#233;cue de discrimination et de racisme est aggrav&#233;e par les pr&#233;jug&#233;s existant &#224; l'&#233;gard des personnes sans emploi, comme si elles voulaient s'installer dans la pauvret&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les limites d'une politique de soupoudrage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le paradoxe est que l'un et l'autre minist&#232;re ont des points de vue aussi antagonistes sur la question alors qu'ils ont &#224; leur t&#234;te des personnes issues des minorit&#233;s, Mme Yolande James (MICC) et M. Sam Hamad (MESS). Derri&#232;re la repr&#233;sentation &#224; un haut niveau qu'incarnent ces deux personnes, des structures lourdes reproduisent les in&#233;galit&#233;s sociales. N'y voyons l&#224; qu'une des limites des politiques symboliques de reconnaissance qui masquent les limites structurelles des m&#233;canismes de redistribution mis en place, et leur inadaptation. Des deux minist&#232;res impliqu&#233;s, le MESS est &#233;videmment celui qui p&#232;se le plus dans ce domaine d'intervention. En consid&#233;rant le principe de discrimination raciale comme un objet s&#233;par&#233;, on en fait un objet secondaire de la politique d'aide, alors qu'il faudrait l'int&#233;grer. Les immigrants ont besoin, pour s'int&#233;grer et trouver du travail, de programmes d'int&#233;gration am&#233;lior&#233;s qui tiennent compte de leurs sp&#233;cificit&#233;s et d'une ouverture amicale qui aille &#224; l'encontre du racisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



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		<title>Jean-Daniel Lafond : L'autre dans tous ses &#233;tats</title>
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		<dc:date>2009-02-03T22:45:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fulvio Caccia</dc:creator>

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		<description>Entre ses fonctions diplomatiques et cin&#233;matographiques, Jean-Daniel Lafond a accept&#233; de partager avec Eurocanada ses r&#233;flexions sur le cin&#233;ma, l'art, l'espace public dont il est un des acteurs importants au Canada, la diversit&#233; culturelle et le sens de l'engagement aujourd'hui. Eurocanda : Vous venez de consacrer un film intitul&#233; FOLLE DE DIEU &#224; Marie de l'Incarnation ; c'est un personnage de transition entre deux continents (entre l'Ancien (...)

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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.eurocanada.info/IMG/arton138.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;97&quot; height=&quot;111&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entre ses fonctions diplomatiques et cin&#233;matographiques, Jean-Daniel Lafond a accept&#233; de partager avec Eurocanada ses r&#233;flexions sur le cin&#233;ma, l'art, l'espace public dont il est un des acteurs importants au Canada, la diversit&#233; culturelle et le sens de l'engagement aujourd'hui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Eurocanda&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;i&gt; : Vous venez de consacrer un film intitul&#233; FOLLE DE DIEU &#224; Marie de l'Incarnation ; c'est un personnage de transition entre deux continents (entre l'Ancien et le Nouveau monde) et deux &#233;poques ( du baroque au classicisme), en quoi nous ressemble-t-elle ? En quoi est-elle diff&#233;rente de nous, contemporains ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Jean-Daniel Lafond&lt;/i&gt; : Au d&#233;but du XXIe si&#232;cle, que signifie faire un film &#224; partir d'une relecture des extraits de la correspondance et de la relation spirituelle de Marie de l'incarnation qui a v&#233;cu au XVIIe si&#232;cle, une vie de sainte, dit-on.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;N&#233;e en France, &#224; Tours en 1599, mari&#233;e, veuve, femme d'affaires, mystique, elle entre dans les ordres en 1631. Elle voit le Canada en songe, d&#233;barque en 1639 &#224; Qu&#233;bec et va &#171; b&#226;tir une maison pour J&#233;sus et Marie &#187;. Elle va mourir &#224; 73 ans -10 ans apr&#232;s Blaise Pascal, apr&#232;s avoir fond&#233; le premier monast&#232;re des Ursulines en terre d'Am&#233;rique. Marie de l'Incarnation va participer &#224; l'entreprise d'&#233;vang&#233;lisation dirig&#233;e par les J&#233;suites, mais elle va se distinguer en instaurant une relation de respect et d'&#233;changes avec les premiers habitants de ce pays qui fait d'elle un pr&#233;curseur. Je m'int&#233;resse &#224; elle en 1979-80 au moment m&#234;me o&#249; j'ai d&#233;cid&#233; de m'installer &#224; Montr&#233;al d&#233;finitivement et de prendre la citoyennet&#233; canadienne. Au d&#233;but des ann&#233;es 80 ma relation avec l'&#339;uvre de Marie de l'incarnation, la femme, la mystique et l'&#233;crivaine se confirme, tout comme s'affirment mon d&#233;sir et ma volont&#233; de faire un film. Je commence l&#224; une recherche minutieuse, j'entreprends un long voyage qui trouve son aboutissement aujourd'hui, 28 ans plus tard avec un film Folle de Dieu et une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre La d&#233;raison d'amour, les deux avec la grande com&#233;dienne qu&#233;b&#233;coise Marie Tifo, que j'avais pressentie pour ce r&#244;le &#8211;et qui l'avait accept&#233;- d&#232;s 1982. En 1989. mon chemin a crois&#233; celui d'une actrice fran&#231;aise que j'aime beaucoup et que j'admire : Emmanuelle Riva.. Nous avons travaill&#233; ensemble et elle m'a beaucoup apport&#233; dans la qu&#234;te du personnage. La liste est longue de ceux et de celles qui m'ont encourag&#233; et assur&#233; de leur soutien au cours de ces 28 ans. Tout cela a nourri et transform&#233; l'&#233;criture de la proposition th&#233;&#226;trale et a model&#233; la conception du film. C'est une maturation qui suit aussi la courbe du temps et le cheminement de ma vie personnelle. J'ai rencontr&#233; des historiens, des &#233;crivains, des f&#233;ministes, des philosophes, des th&#233;ologiens. Les retrouvailles avec Marie Tifo ont &#233;t&#233; d&#233;terminantes en 2003. Le projet a pris une vigueur nouvelle. Nous avions la maturit&#233; et l'exp&#233;rience pour le mener &#224; terme. Marie a apport&#233; sa sensibilit&#233;, son incroyable &#233;nergie. La lecture des &#233;crits de Marie de l'incarnation est devenue une nouvelle aventure commune, une v&#233;ritable qu&#234;te partag&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au cin&#233;ma comme au th&#233;&#226;tre, il y a toujours une relation secr&#232;te entre le personnage et l'auteur. J'ai toujours fait des films portant sur des situations d'exclusion ou des personnages isol&#233;s. C'est le cas d'Aim&#233; C&#233;saire, po&#232;te de l'insularit&#233; martiniquaise et de la n&#233;gritude, du docteur Jacques Ferron, ce &#171; cloitr&#233; de l'&#233;criture &#187; dans son cabinet m&#233;dical enfum&#233; en sous-sol &#224; Ville Jacques-Cartier, mais c'est aussi Marie Guyart de l'incarnation &#233;crivant la nuit dans le r&#233;duit de sa cellule ou devant l'&#226;tre de la chemin&#233;e commune dans le silence du monast&#232;re. L'exil est insulaire, l'&#233;criture est salutaire. Le film Folle de Dieu suit le chemin qui va des mots trac&#233;s sur le papier au XVIIe si&#232;cle par cette femme en qu&#234;te de Dieu et de libert&#233; &#224; la voix et au corps de Marie Tifo, la com&#233;dienne qui brise leur silence et leur redonne vie et sens. C'est &#231;a l'alchimie merveilleuse qui unit l'&#233;criture et le th&#233;&#226;tre, Marie de l'Incarnation et Marie Tifo. C'est aussi le lien qu'il y a entre La d&#233;raison d'amour et Folle de Dieu qui en amont de la pi&#232;ce suit la qu&#234;te de deux femmes que pr&#232;s de 400 ans s&#233;parent et dont le corps de l'une va se confondre avec les mots de l'autre. Cette &#233;crivaine de l'amour m'a s&#233;duit par sa langue baroque : elle parle de libert&#233;, aujourd'hui, libert&#233; des corps, libert&#233; de la pens&#233;e, libert&#233; de cr&#233;ation avec ses entraves, avec ses doutes, avec ses ombres et ses lumi&#232;res. Le propos est tr&#232;s actuel. Nous vivons &#224; une &#233;poque o&#249; nous nous interrogeons sur notre h&#233;ritage religieux, sur la pr&#233;sence du religieux dans nos vies, sur la perte des rep&#232;res que nous &#233;prouvons alors que nous disons avoir tourn&#233; le dos au religieux (mais est-ce vraiment le cas ?). En ce sens, je souhaite, qu'&#224; travers le texte et la com&#233;dienne qui le porte, le spectateur retrouve la beaut&#233; d'une langue qui tente d'exprimer l'indicible qui jouxte le sacr&#233;, entre le corps et l'esprit, entre l'organique et le spirituel. Je souhaite aussi qu'il comprenne que le sacr&#233; fait partie de la culture, et, qu'il n'est pas la propri&#233;t&#233; exclusive du religieux. Dans une soci&#233;t&#233; comme la n&#244;tre, il est vraiment essentiel de le rappeler.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Le sacr&#233; et plus g&#233;n&#233;ralement l'exp&#233;rience mystique sont consid&#233;r&#233;s, hier comme aujourd'hui, avec beaucoup de suspicion. Hier, au Qu&#233;bec notamment, on souhaitait s'en d&#233;barrasser avec l'eau du bain, aujourd'hui, on le consid&#232;re comme le foyer des fondamentalismes. On est all&#233; d'un extr&#234;me &#224; un autre. Votre sentiment ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans mon film, une com&#233;dienne, Marie Tifo joue une religieuse. En fait, elle ne la joue pas, elle l'interroge, elle la cherche, aid&#233;e, guid&#233;e, accompagn&#233;e par le travail du texte et du corps. Mon d&#233;fi de r&#233;alisateur-metteur en sc&#232;ne comme le sien est de la retrouver. Elle en prend le travestissement, non pas pour tromper le spectateur en laissant croire qu'elle est vraiment une religieuse, mais bien pour parler de diff&#233;rences, pour faire surgir ce qui, par habitude, par &#233;ducation est justement voil&#233; : un secret de femme qu'elle veut r&#233;v&#233;ler et non pas repr&#233;senter. Qu'est-il donn&#233; &#224; voir ? Le travail th&#233;&#226;tral, le corps &#224; corps d'une femme pr&#233;sente en chair et en os avec le fant&#244;me d'une autre, extr&#234;me dans ses d&#233;cisions et dans ses choix. L'enjeu n'est pas de se mettre aujourd'hui dans le corps et dans la t&#234;te d'une femme qui abandonne tout pour l'amour de Dieu, si c'&#233;tait cela, ce ne serait pas vraiment int&#233;ressant. Soit, elle est venue pour fonder un monast&#232;re, pour &#233;vang&#233;liser les indiens, en ce sens elle r&#233;pondait &#224; l'appel de Dieu. Mais il y a plus, l'autre raison du voyage est plus fondamentale, plus essentielle, dans cette qu&#234;te de Dieu, dans cet amour infini, c'est sa propre libert&#233; qu'elle va conqu&#233;rir et assumer. Le mysticisme de Marie de l'Incarnation n'a rien &#224; voir avec le fanatisme qui est &#224; la source du fondamentalisme et de ses d&#233;rives funestes. Le Canada fran&#231;ais est devenu le Qu&#233;bec dans les ann&#233;es 70 apr&#232;s une r&#233;volution tranquille qui a pris quelque peu des vessies pour des lanternes. Le pouvoir de Duplessis reposait en effet sur une alliance objective du catholicisme fondamentaliste et du politique, c'&#233;tait en fait une th&#233;ocratie. Dans ce type d'alliance, &#224; long terme, le politique tue le religieux. La v&#233;ritable victime de la th&#233;ocratie duplessiste a bel et bien &#233;t&#233; la religion catholique. Pour se d&#233;barrasser d'un r&#233;gime inique, les Qu&#233;b&#233;cois ont jet&#233; en effet le b&#233;b&#233; avec l'eau du bain, comme vous dites. Le mal du Qu&#233;bec des derni&#232;res ann&#233;es, c'est aussi cela : la perte de la spiritualit&#233; et de l'espace int&#233;rieur individuel qui garantit la libert&#233; du sujet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Votre film pose la d&#233;fense et illustration d'un espace int&#233;rieur irr&#233;ductible aux lois humaines qui permet le dialogue avec soi-m&#234;me et les autres. C'est le second principe de Benjamin Constant ( le droit de l'individu &#224; un territoire inviolable qui assure l'insoumission de la morale &#224; tout imp&#233;ratif ... Thoreau...) En quoi cet espace peut-il &#234;tre fondateur selon vous d'un projet social ? Cet espace serait-il en danger selon vous ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, il est clair pour moi que cet espace est menac&#233;, et m&#234;me pour certains, il est tr&#232;s endommag&#233;. Il p&#232;se sur l'&#233;tat de la conscience sociale, sur la faible volont&#233; commune, il entretient le sentiment victimaire et m&#234;me une certaine culpabilit&#233; collective dans le rapport au religieux. Il y a chez Marie de l'incarnation une volont&#233; de vivre une vie simple en accord avec soi-m&#234;me (chez Marie son amour de Dieu en est le garant, chez Thoreau, c'est son amour de la nature) qui permet d'atteindre une s&#233;r&#233;nit&#233; qui ouvre et garantit le dialogue avec l'autre et son &#233;coute. Avec ou sans Dieu, cette d&#233;marche de la pens&#233;e &#233;tablit la spiritualit&#233; comme une des conditions majeures de la vie avec autrui. Sans cela, il n'y a ni contrat social, ni projet de soci&#233;t&#233;. Les r&#233;actions du public et de la critique &#224; la sortie du film au Qu&#233;bec, dans le reste du Canada et m&#234;me en France r&#233;v&#232;lent un v&#233;ritable besoin de r&#233;tablir la fonction matricielle de la spiritualit&#233; dans la vie sociale. Je dis bien de la spiritualit&#233;, de ce droit de l'individu &#224; ce territoire inviolable qui fonde sa libert&#233;, mais aussi sa responsabilit&#233; en tant que citoyen qui a son bout de chemin &#224; faire pour rendre la vie plus vivable et l'humanit&#233; un peu plus humaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;L'approche de Marie de l'incarnation est &#233;minemment interculturelle. Le respect de l'autre, la capacit&#233; de se mettre &#224; sa place, n'est pas d&#233;nu&#233; d'arri&#232;re pens&#233;es. Cette approche interculturelle a toujours &#233;t&#233; pratiqu&#233;e par &#201;glise. Quelle distinction feriez-vous avec le multiculturalisme et la transculture, du moins celle du groupe ViceVersa notamment ? Pour vous ces termes sont-ils synonymes ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r, on peut dire que Marie de l'Incarnation participe &#224; l'&#233;vang&#233;lisation des &#171; sauvages &#187;, comme le font les J&#233;suites, avec les moyens que l'on sait. On pourrait soup&#231;onner que l'amour et le respect que Marie manifeste &#224; l'&#233;gard des Am&#233;rindiens ne sont qu'apparence et strat&#233;gie pour mieux les s&#233;duire et les r&#233;duire. Ce n'est pas le cas, la lecture de ses &#233;crits, et des lettres &#224; son fils en particulier, ne laisse aucun doute sur ses convictions et sur la nature de sa relation avec les premiers habitants du Canada. Elle avoue que &#171; sur cent filles sauvages &#187; qui sont pass&#233;es par le monast&#232;re, &#171; &#224; peine en a-t-on francis&#233; une &#187;. Et c'est bien ainsi, elle ne s'en &#233;tonne pas, car &#171; elles sont sauvages) et elles le doivent demeurer &#187;. Marie reconna&#238;t la l&#233;gitimit&#233; de la culture de l'autre et ne met pas en cause la diff&#233;rence. Elle apprendra les langues am&#233;rindiennes et tirera partie elle-m&#234;me de la culture indig&#232;ne. Sans doute est-elle plus le pr&#233;curseur de la transculture que du multiculturalisme, si je peux me permettre ce raccourci, car, pour moi, multiculturalisme et transculture ne sont pas synonymes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La nature composite de notre pays a &#233;t&#233; reconnue par le multiculturalisme. En 1971, le gouvernement f&#233;d&#233;ral a d&#233;voil&#233; sa politique de multiculturalisme, qui reconnaissait la pluralit&#233; au Canada. Elle invitait tous les Canadiens &#224; accepter la diversit&#233; culturelle, tout en les encourageant &#224; &#234;tre membres &#224; part enti&#232;re de la soci&#233;t&#233; canadienne. Elle proposait un sch&#233;ma bas&#233; sur l'acceptation officielle des diff&#233;rences culturelles et sur le soutien de la pluralit&#233;. L'ethnicit&#233; ne mine pas l'identit&#233; canadienne, soutenait-on : elle constitue l'identit&#233; canadienne. Plus l'immigration a augment&#233;, plus apparaissait le danger du multiculturalisme qui consiste &#224; figer les diverses communaut&#233;s dans leur identit&#233; sp&#233;cifique (raciale, religieuse, linguistique&#8230;). Aujourd'hui, la contradiction est majeure devant la diversification des immigrations et des immigrants. Le monde se globalise et les migrations d'un pays &#224; l'autre sont croissantes et l'appr&#233;ciation et l'acceptation des diff&#233;rences culturelles sont un v&#233;ritable d&#233;fi mondial. Dans ce contexte, le multiculturalisme canadien risque de sombrer dans une sorte de balkanisation communautariste dont on a pu mesurer, ces derni&#232;res ann&#233;es, les effets n&#233;gatifs sur le tissu social. Par contre, ce qui est embl&#233;matique dans l'approche de Marie de l'Incarnation, la reconnaissance des Premi&#232;res Nations, l'&#233;change, le dialogue, la percolation entre les diverses composantes culturelles de la soci&#233;t&#233;, correspond &#224; une vision du Canada plus juste aujourd'hui. En ce sens, la mutation de la conception multiculturelle de la soci&#233;t&#233; en une perspective transculturelle devient une n&#233;cessit&#233; pour la construction d'une identit&#233; canadienne moderne. Je pense sinc&#232;rement que l'avenir du Canada en d&#233;pend.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'engagement public&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Ces questions me conduisent &#224; l'autre volet de l'entretien : votre implication dans l'espace public canadien. Vous, dont le travail de documentariste consiste &#224; interroger, voire bousculer les repr&#233;sentations, comment avez-vous interrog&#233; la fonction officielle qui est la v&#244;tre avec votre &#233;pouse ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand j'ai accept&#233; d'occuper cette charge aupr&#232;s de mon &#233;pouse, j'ai jet&#233; un coup d'&#339;il dans le r&#233;troviseur de ma vie pour mesurer le chemin parcouru par l'immigrant que j'ai &#233;t&#233;, venu au Qu&#233;bec pour la premi&#232;re fois, il y a trente deux ans, devenu citoyen canadien en 1981.
Je me suis pos&#233; deux questions : Comment assumer ce titre d'Excellence, que je n'avais utilis&#233;, moi-m&#234;me, jusqu'alors que pour m'adresser aux quelques ambassadeurs dont j'avais crois&#233; la route ? Comment accompagner la Gouverneure G&#233;n&#233;rale dans son r&#244;le d'ambassadeur du Canada &#224; travers le Canada et &#224; travers le Monde ?
J'ai trouv&#233; la r&#233;ponse dans mon parcours de cin&#233;aste documentariste : celui d'un exil&#233; de France, ayant &#233;tendu ses racines au Qu&#233;bec en fondant l'exercice de sa citoyennet&#233; au sein de la d&#233;mocratie canadienne, dans le respect de son histoire et de ses origines.
Le cin&#233;ma documentaire a &#233;t&#233; mon b&#226;ton de p&#232;lerin. Mon premier film, Les Traces du r&#234;ve, m'a fait Qu&#233;b&#233;cois : voyage dans la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise, parcours d'amiti&#233; et de connaissance avec, comme personnage principal, Pierre Perrault, une des figures marquantes du courant fondateur du documentaire contemporain &#224; l'Office National du Film. Un film auquel je suis tr&#232;s attach&#233;. C'est ainsi que, quand je d&#233;prime, je me redonne un coup de Traces du r&#234;ve et je red&#233;marre, je retrouve le courage de faire un autre film.
J'ai compris d&#232;s ce moment- l&#224; que le cin&#233;ma documentaire est un cin&#233;ma de la d&#233;couverte de l'Autre, de la connaissance et du partage avec le public.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il m'a permis de rencontrer mon &#233;pouse alors que je tournais un film avec le grand po&#232;te de l'identit&#233; martiniquaise et de la n&#233;gritude Aim&#233; C&#233;saire, il y a 19 ans. Et Ha&#239;ti est entr&#233; en moi comme une identit&#233; de plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En r&#233;alisant Ha&#239;ti dans tous nos r&#234;ves, avec l'&#233;crivain et po&#232;te Ren&#233; Depestre, j'ai compris que nous pouvions avoir une identit&#233; multiple : une identit&#233;-banyan, du nom de cet arbre venu d'Afrique et dont les branches plongent vers le sol, puis s'y enracinent pour former et ajouter un nouveau tronc : me voici donc, Fran&#231;ais natif natal, enracin&#233; dans l'Am&#233;rique qu&#233;b&#233;coise, Ha&#239;tien par alliance et citoyen canadien par choix.
Depuis plus de vingt ans, le cin&#233;ma documentaire est mon b&#226;ton de philosophe. Il m'a permis d'aller l&#224; o&#249; je ne serais jamais all&#233; si je n'avais pas eu un film &#224; faire pour interroger les identit&#233;s, les nationalismes, l'exil, les r&#233;volutions, la barbarie, les rapports entre l'artiste et la politique, la libert&#233;, la tol&#233;rance, le racisme, l'ouverture &#224; l'autre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voil&#224; ce que j'ai vu dans le r&#233;troviseur des films de ma vie et qui l&#233;gitime ma pr&#233;sence aupr&#232;s de la Gouverneure G&#233;n&#233;rale, avec mon histoire et mon parcours de cin&#233;aste, pour tout bagage.
C'est dans cet esprit que j'ai d&#233;velopp&#233; des dossiers et des actions sp&#233;cifiques pour soutenir le mandat que la Gouverneure g&#233;n&#233;rale s'est donn&#233; de &#171; briser les (nombreuses) solitudes &#187;. En plein accord avec son objectif et son propos, j'ai mis ma passion et mes id&#233;es au service de l'institution et de la population canadienne, tout en terminant les deux films, la pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre et le livre que j'avais en chantier en 2005 au moment de la nomination de mon &#233;pouse. Folle de Dieu marque la fin de ce cycle. D&#232;s son arriv&#233;e, il m'a sembl&#233; tr&#232;s important de contribuer, dans l'esprit de la constitution canadienne, &#224; la modernisation de la fonction de gouverneur g&#233;n&#233;rale en l'ouvrant au dialogue citoyen avec les moyens et les aspirations du XXIe si&#232;cle. C'est ainsi que j'ai entrepris, avec une petite &#233;quipe de collaborateurs et beaucoup d'enthousiasme, la r&#233;alisation de deux projets audacieux, le Point des arts/Art Matters et le site Web &#192; l'&#233;coute des citoyens/Citizen Voices.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Comment est n&#233;e cette id&#233;e du Point des arts ? Quel en a &#233;t&#233; accueil ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La Gouverneure g&#233;n&#233;rale et moi-m&#234;me, nous souhaitions ajouter un espace de r&#233;flexion et de dialogue aux c&#233;r&#233;monies qui ont pour but d'honorer et de r&#233;compenser le talent des artistes canadiens. Ainsi sont n&#233;s les forums intitul&#233;s Le Point des arts/Art Matters. Ils offrent des occasions exceptionnelles de rassembler les laur&#233;ats, des artistes, des universitaires et des gestionnaires pour discuter des d&#233;fis auxquels fait face la culture dans notre soci&#233;t&#233;. Aujourd'hui, en janvier 2009, nous avons tenu 34 forums du Point des arts soit &#224; Rideau Hall, dans toutes les provinces et territoires et dans toutes les visites officielles &#224; l'&#233;tranger. L'accueil a &#233;t&#233; tr&#232;s positif dans les communaut&#233;s artistiques, chez les d&#233;cideurs, les chercheurs, et aupr&#232;s des citoyens. Limit&#233; au d&#233;but &#224; de gros groupes de travail choisis, le Point des arts aujourd'hui s'est ouvert au public qui est le vrai destinataire, le vrai utilisateur et m&#234;me, disent certains, le &#171; consommateur &#187; des arts et de la culture, il peut ainsi participer en prenant la parole.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Point des arts est film&#233; et diffus&#233; sur le site &#192; l'&#233;coute des citoyens/Citizen voices. De plus, nous publions des synth&#232;ses et des rapports que la Gouverneure G&#233;n&#233;rale peut utiliser dans l'exercice de ses fonctions, notamment au cours des rencontres avec le Premier Ministre et les repr&#233;sentants du gouvernement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Point des arts constitue un r&#233;seau de communication et de r&#233;flexion multidisciplinaire, transculturel et apolitique, ce n'est pas un outil de lobbying mais une plate-forme de dialogue, de r&#233;flexion et d'observation inscrite au c&#339;ur des liens entre la culture et la soci&#233;t&#233;. Il comprend &#233;galement un volet plus sp&#233;cifiquement consacr&#233; aux cultures &#233;mergentes, et, dans ce cadre, nous avons organis&#233; une quinzaine de forums-jeunesse &#224; travers le pays et &#224; l'&#233;tranger. Le Point des arts et les Forums-jeunesse sont d'ailleurs des atouts de la diplomatie culturelle canadienne dans nos visites officielles &#224; l'&#233;tranger.
Avec Le Point des arts, nous r&#233;pondons &#224; la demande, exprim&#233;e lors d'une premi&#232;re rencontre en novembre 2005, par les cr&#233;ateurs de toutes les disciplines, de la danse &#224; la musique, &#224; l'architecture, &#224; la litt&#233;rature en passant par les arts visuels et m&#233;diatiques de renouveler et de repenser la relation, on pourrait m&#234;me dire le pacte, qui existe actuellement entre les artistes et la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons aussit&#244;t compris que nous devions r&#233;pandre, aupr&#232;s de l'ensemble des citoyens, que comme l'air et l'eau, la cr&#233;ation, l'imagination et les id&#233;es rendent la vie tout simplement vivable. La devise que nous avions adopt&#233;e &#233;tait : Les arts rendent la vie plus int&#233;ressante que l'art. Alors, c'est &#224; nous tous qu'il revient de partager cette id&#233;e, la faire r&#233;sonner quotidiennement dans nos communaut&#233;s pour que les citoyens se saisissent de cette urgence d'agir ensemble, comme citoyens, pour le bien commun.
&#192; chaque fois, le d&#233;sir est le m&#234;me : offrir un espace de discussion et de r&#233;flexion sur la culture canadienne. Des centaines d'artistes, de gestionnaires, de chercheurs, de m&#233;c&#232;nes, ont r&#233;pondu pr&#233;sent et ont particip&#233; &#224; ces d&#233;bats sur une culture en mouvement, sur des formes de diffusion nouvelles et sur des rapports au public sans cesse repens&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La culture, &#224; la fois identitaire, artistique, scientifique constitue aujourd'hui &#8212; au moins &#224; l'&#233;gal de la production mat&#233;rielle d&#233;sormais technologis&#233;e &#8212; un vaste univers d'activit&#233;s essentielles, dont la logique ouverte ne peut-&#234;tre inf&#233;od&#233;e au rendement de type industriel ou financier sans exposer l'humanit&#233; civilis&#233;e au p&#233;ril mortel qui suivra la destruction en elle de sa pluralit&#233; d&#233;mocratique.
Je sais qu'au Canada, si l'on veut &#171; briser les solitudes &#187; et abolir les fronti&#232;res qui nous atomisent, l'art et la culture tiennent une place majeure pour passer de la parole aux actes. C'est en ce sens que, dans le cadre constitutionnel qui d&#233;finit la charge apolitique du Gouverneur g&#233;n&#233;ral comme chef (de facto) de l'&#201;tat canadien, nous avons os&#233; imaginer de nouveaux espaces de r&#233;flexion et de dialogue, qui mettent au premier plan la cr&#233;ation artistique sous toutes ses formes, la jeunesse, le &#171; vivre ensemble &#187; et les cultures &#233;mergentes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De la m&#234;me fa&#231;on, nous exp&#233;rimentons de nouveaux mod&#232;les de d&#233;mocratie de la communication en utilisant (et en d&#233;veloppant) notre site web &#192; l'&#233;coute des citoyens/Citizen Voices que nous avons inaugur&#233; en septembre 2006. Et pour la premi&#232;re fois, le Gouverneur g&#233;n&#233;ral du Canada peut dialoguer directement et &#233;changer avec tous les citoyens et citoyennes du Canada gr&#226;ce aux &#171; chats &#187;, aux blogues, aux forums que nous avons ouverts sur la toile et dans l'espace interactif du web.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il nous reste bien des solitudes &#224; briser et pour nous aider nous avons grand besoin des artistes d&#233;chiffreurs du chaos du monde. Le beau et l'art restent essentiels dans le rapport &#224; l'&#233;nigme infini du sens de l'univers et de l'&#234;tre humain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Votre fonction vous donne un point de vue &#224; nul autre pareil sur le Canada. Qu'est-ce qui a chang&#233; dans ce pays ? En bien, en moins bien ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne peux pas pleinement r&#233;pondre en toute honn&#234;tet&#233; &#224; votre question. Je n'ai pas assez de recul. Je vis au quotidien dans la mouvance de la soci&#233;t&#233; canadienne, litt&#233;ralement au croisement de diff&#233;rentes forces qui animent et parfois agitent le pays. Je ne suis pas s&#251;r que les Canadiens sentent eux-m&#234;mes &#224; quel point ce pays est en plein bouleversement. En trente cinq ans, ce pays n'est plus le m&#234;me &#224; mes yeux. J'en ai d&#233;couvert l'ampleur g&#233;ographique, la richesse humaine, la complexit&#233; politique, mais aussi son originalit&#233; et sa sp&#233;cificit&#233; dans le monde. Moins repli&#233; sur ses communaut&#233;s, le pays s'ouvre &#224; lui-m&#234;me et &#224; sa propre diversit&#233;. J'ai parl&#233; pr&#233;c&#233;demment du repli communautariste, je crois que cette maladie infantile du multiculturalisme recule au profit d'une reconnaissance de l'autre qu'il soit peuple premier ou population migrante. Tout n'est pas parfait, mais il y a un changement tr&#232;s positif dans cette plus grande ouverture des uns aux autres, dans le respect de l'autre et de la diversit&#233; culturelle con&#231;ue de plus en plus comme un &#233;change, une rencontre. Mais il y a encore du chemin &#224; faire pour passer d'un mod&#232;le politique gestionnaire &#224; un mod&#232;le visionnaire capable de rassembler les &#233;nergies citoyennes de ce pays autour d'un projet de soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;i&gt;Vous &#234;tes un &quot;biculturel&quot; d'origine sinon par citoyennet&#233; &#224; laquelle vous avez du renoncer, du moins de c&#339;ur. Il y aurait un million de Canadiens ayant la double citoyennet&#233;. Quelle est votre perception de la citoyennet&#233; canadienne aujourd'hui et de la citoyennet&#233; tout court ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je n'ai pas renonc&#233; &#224; ma nationalit&#233; fran&#231;aise. Pourquoi l'aurais-je fait ? Je suis n&#233; dans une France qui reconna&#238;t la double citoyennet&#233; et j'ai choisi d'&#234;tre Canadien dans un pays qui reconna&#238;t aussi ce droit pour ses ressortissants. Dans les deux cas, il s'agit d'un droit constitutionnel qui prot&#232;ge le citoyen que je suis. Devenir Canadien pour moi, et sans doute pour bien d'autres, comme devenir Fran&#231;ais pour un citoyen canadien, c'est ajouter &#224; sa propre identit&#233; et, c'est, &#224; coup s&#251;r, apporter ce qu'il est devenu dans son pays d'origine et ce qu'il va devenir dans son nouveau pays. C'est un plus d'&#234;tre, c'est aussi un avoir dont b&#233;n&#233;ficient toutes les parties. Nos racines s'&#233;tendent en rhizomes, f&#233;condent un sol nouveau, profitent d'une s&#232;ve nouvelle et produisent des fruits l&#224; o&#249; elles s'implantent. La m&#233;taphore est claire pour moi. Je suis Canadien de corps et d'esprit. J'ai fait de cette terre la mienne, de ces h&#244;tes mes fr&#232;res et mes s&#339;urs, de son histoire la mienne. La citoyennet&#233;, c'est un choix de pays sans nier ses racines et ses acquis. Je suis ce qu'est mon histoire, celle d'un individu n&#233; et muri en France, Qu&#233;b&#233;cois de c&#339;ur, Canadien par choix. La citoyennet&#233; aujourd'hui, pour moi, c'est un engagement responsable et un acte de libert&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Canada continue de b&#233;n&#233;ficier d'un capital de sympathie &#224; nul autre pareille en Europe. Mais la r&#233;alit&#233; &#233;conomique contribue de rattacher le Canada aux &#233;tats-Unis . Vous qui &#234;tes europ&#233;en d'origine, comment voyez-vous les rapports avec &quot; la vieille Europe&quot; ? Plus g&#233;n&#233;ralement comment voyez-vous l'Europe du Canada ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sans romantisme. La vieille Europe pour moi est devenue un nouveau Nouveau Monde que je souhaitais voir advenir dans mon enfance et mon adolescence fran&#231;aises. Celui de la paix et de la fraternit&#233;. Celui de la r&#233;silience apr&#232;s les si&#232;cles de guerres fratricides et l'horreur extr&#234;me des camps de concentration g&#233;nocidaires. Je l'ai esp&#233;r&#233;e, cette Europe, j'y ai contribu&#233;, j'ai fait partie des tous premiers lyc&#233;ens &#224; &#233;changer avec mes camarades allemands alors que mon p&#232;re n'arrivait pas &#224; chasser de ses cauchemars l'image du boche barbare qui l'avait fait prisonnier et humili&#233;. Je l'ai r&#234;v&#233;e, cette Europe, pour chasser de mon esprit la peur de la guerre qui hantait notre enfance dans les ann&#233;es 50 et 60. Pour cela, j'ai &#233;tudi&#233; l'allemand, j'ai v&#233;cu en Allemagne, j'ai travers&#233; jusqu'&#224; l'est des fronti&#232;res qui aujourd'hui n'existent plus. Quand j'avais 15 ans, j'imaginais une Europe sur le mod&#232;le canadien, une f&#233;d&#233;ration, riche de sa diversit&#233; et de son unit&#233;, engag&#233;e sur la voie de l'entente commune et du bien commun, exorcisant les haines, les rancunes et les d&#233;sirs de vengeance. M&#234;me si tout n'est pas parfait, je suis heureux que cette Europe soit devenue une r&#233;alit&#233;. Ma fille ain&#233;e a fait ses &#233;tudes en Allemagne, et nombreux et nombreuses sont ceux et celles de sa g&#233;n&#233;ration pour qui Prague, Berlin, Vienne, Bratislava, Rome, Londres, Madrid, Budapest ou Paris font partie de leur environnement familier, de leur imaginaire, et m&#234;me de leur identit&#233;. Pour le Canada, cette nouvelle Europe &#233;tendue &#224; l'est offre la possibilit&#233; de liens culturels toniques, de relations &#233;conomiques plus vari&#233;es, de liens diplomatiques mieux &#233;quilibr&#233;s qui ne d&#233;pendent plus du passage presque oblig&#233; par Londres ou Paris.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Canada a d&#233;fendu la convention sur la diversit&#233; culturelle &#224; L'Unesco. A travers vos voyages dans le pays , est-ce une pr&#233;occupation auquel l'ensemble des Canadiens sont sensibles ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, je pense que cette sensibilit&#233; s'est r&#233;pandue dans tout le pays et qu'elle s'int&#232;gre de plus en plus dans le changement des mentalit&#233;s &#224; l'&#339;uvre au Canada.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Le d&#233;bat sur les accommodements raisonnables font du Canada un pays &#224; la pointe de l'int&#233;gration entre le r&#233;publicanisme jacobin &#224; la fran&#231;aise et un communautarisme anglo-saxon, Y a t-il une voie canadienne en la mati&#232;re ? Si oui comment la d&#233;finiriez-vous ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le d&#233;bat sur les accommodements raisonnables a cr&#233;&#233; des vagues de d&#233;bats et de questionnements non seulement au Qu&#233;bec mais aussi dans l'ensemble du Canada. Il s'est op&#233;r&#233; une esp&#232;ce de synth&#232;se entre l'interculturalisme qu&#233;b&#233;cois et le multiculturalisme canadien. Les accommodements raisonnables expriment une fa&#231;on de moduler le r&#233;publicanisme jacobin &#224; la fran&#231;aise et le communautarisme anglo-saxon. La recherche d'un juste &#233;quilibre entre les exigences de la vie collective et les besoins des individus n'appartenant pas &#224; la culture dominante ne fait pas partie de la la&#239;cit&#233; &#224; la fran&#231;aise qui est fond&#233;e sur le principe rigide de l'&#233;galit&#233; de tous. Il n'y a pas de place pour l'exception. S'il est une voie canadienne, elle est l&#224;, dans cette d&#233;rogation possible &#224; la r&#232;gle du plus grand nombre, dans cette possibilit&#233; d'accorder aux individus un accommodement &#224; la r&#232;gle dominante de la soci&#233;t&#233; canadienne. Dans ce cas, l'individu n'est pas une abstraction comme le citoyen de la R&#233;publique fran&#231;aise. La soci&#233;t&#233; canadienne n'est pas une juxtaposition d'individus sous la banni&#232;re de l'&#233;galit&#233;, mais bien un ensemble d'individus interagissant les uns par rapport aux autres. L'accommodement raisonnable permet de moduler l'&#233;cart entre les individus, de reconnaitre la diff&#233;rence sans prononcer d'exclusion, et, de tol&#233;rer l'exception &#224; la r&#232;gle dominante sous certaines conditions.
Au Canada, nous sommes en train de d&#233;finir une nouvelle la&#239;cit&#233;, moins autoritaire dans son principe que la la&#239;cit&#233; fran&#231;aise, sans doute, certainement plus &#233;quitable plus ouverte &#224; la nuance et aux diff&#233;rences. Une la&#239;cit&#233; que Jean Baub&#233;rot appelle &#8211;et c'est le titre de son livre- une la&#239;cit&#233; interculturelle. C'est sur cette voie que s'est engag&#233; le Qu&#233;bec. Le reste du Canada, sans suivre le m&#234;me chemin, arrive au m&#234;me constat tandis que l'interculturalit&#233;, dans les faits, a succ&#233;d&#233; au multiculturalisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Vos prochains projets ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis le 27 septembre 2005, je suis tr&#232;s impliqu&#233; &#224; Rideau hall aupr&#232;s de mon &#233;pouse la Gouverneure g&#233;n&#233;rale du Canada. J'ai cependant r&#233;ussi &#224; terminer un long m&#233;trage sorti en 2006 (Le fugitif ou les v&#233;rit&#233;s d'Hassan), un livre (Iran, les mots du silence &#8211;&#233;ditions 400 coups/ Conversations &#224; Tehran &#8211;Talonbooks), puis un autre long m&#233;trage, celui dont nous parlions au d&#233;but de cet entretien, Folle de Dieu, sortie en septembre 2008. J'ai travaill&#233; &#233;norm&#233;ment, surtout la nuit. Il est heureux que 5 heures de sommeil me suffisent pour r&#233;cup&#233;rer la fatigue. Les nombreuses activit&#233;s protocolaires, les fr&#233;quentes tourn&#233;es officielles &#224; travers le Canada, les visites d'&#201;tat et les missions &#224; l'&#233;tranger, sont passionnantes, mais aussi tr&#232;s exigeantes en temps de pr&#233;paration et d'ex&#233;cution. Le Point des arts et plusieurs autres projets sp&#233;ciaux que je dirige me prennent aussi beaucoup d'&#233;nergie. J'occupe cette position sans salaire, je suis b&#233;n&#233;vole. Deux pour le prix d'un, c'&#233;tait le tribut traditionnel des &#233;pouses des Gouverneurs g&#233;n&#233;raux, c'est maintenant celui des &#233;poux des Gouverneures g&#233;n&#233;rales. Juste retour des choses. Je ne regrette rien et j'ai m&#234;me un grand plaisir &#224; redonner au pays un peu de ce que j'ai re&#231;u au cours des 35 ann&#233;es derni&#232;res ann&#233;es. En &#233;change, cette position, tr&#232;s inattendue et tr&#232;s particuli&#232;re, me confronte &#224; une exp&#233;rience de vie tout &#224; fait nouvelle pour moi. Jusque-l&#224; le cin&#233;ma m'avait permis d'&#234;tre un observateur attentif du monde et de mon &#233;poque ; la cam&#233;ra me donnait l'audace d'aller filmer l&#224; ou je n'aurais pas os&#233; entrer si je n'avais pas eu un film &#224; faire. Aujourd'hui, je me retrouve, observateur et interlocuteur &#224; la fois, sur la sc&#232;ne o&#249; se joue la politique nationale et internationale. L'immersion dans cet environnement, fait d'ombre et de lumi&#232;res, a boulevers&#233; mon rapport au monde et aux autres. J'accumule beaucoup. Tout cela est mac&#233;r&#233; et sera sans doute un jour bouilli puis distill&#233;. Je n'ai pas de plan &#224; ce stade, je vis l'exp&#233;rience au jour le jour. Mais il faudra bien que je raconte ce voyage et les raisons du voyage d'une mani&#232;re ou d'une autre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En marge de cette vie consacr&#233;e &#224; appuyer le mandat de mon &#233;pouse, le cin&#233;ma ne me quitte pas vraiment. Quand j'ai un peu de temps je continue &#224; accompagner mes films pr&#232;s du public, en particulier, mon plus r&#233;cent, Folle de Dieu. De plus, je profite de quelques &#233;v&#233;nements sp&#233;ciaux : en novembre 2008, une &#171; perspective &#187; a &#233;t&#233; consacr&#233;e &#224; mon cin&#233;ma aux Escales documentaires de la Rochelle, &#224; Ottawa du 25 janvier au 4 mars 2009, l'Institut canadien du film pr&#233;sente une r&#233;trospective de tous mes films, ce sont d'extraordinaires moments de rencontre avec soi-m&#234;me et avec le public. En octobre 2008, &lt;i&gt; La d&#233;raison d'amour&lt;/i&gt;, la pi&#232;ce que j'ai con&#231;ue initialement pour Folle de Dieu a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e et jou&#233;e pendant un mois au th&#233;&#226;tre du Trident &#224; Qu&#233;bec avec, seule en sc&#232;ne, Marie Tifo, dirig&#233;e par Lorraine Pintal. La pi&#232;ce est all&#233;e ensuite en France et sera au Th&#233;&#226;tre du Nouveau Monde &#224; Montr&#233;al, en juin 2009. Le texte sortira en m&#234;me temps chez Lem&#233;ac. Je mets la derni&#232;re main &#224; l'&#233;criture de l'avant-propos. Je pr&#233;pare aussi un autre livre que je compte publier, &#233;galement chez Lem&#233;ac, en 2010. Tout cela me permet de me maintenir en &#233;tat de veille et de garder la bonne distance. N'est-ce pas la condition m&#234;me de la critique, tel qu'inscrite dans son &#233;tymologie grecque ? En effet, le mot krinein signifie trier, s&#233;parer, scruter, et, pour ce faire, il faut garder les yeux ouverts et affronter la lumi&#232;re. C'est un mot merveilleux pour un cin&#233;aste et un philosophe, beau comme un cri de ralliement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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